Le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (Ppa-CI) est monté au créneau. À l'occasion d'une conférence de presse tenue à son siège le mardi 30 décembre 2025, le président exécutif du parti, le Pr Sébastien Dano Djédjé, a livré son analyse des élections législatives du 27 décembre 2025, qu'il qualifie de « nouvel épisode de braquage électoral ».
D'entrée, le Ppa-CI a replacé le scrutin dans un environnement politique marqué, selon lui, par une régression démocratique continue depuis l'élection présidentielle jugée « non inclusive et non transparente ». Répression de manifestations pacifiques, morts, blessés, prisonniers politiques et exilés auraient durablement fragilisé la confiance des citoyens envers les institutions électorales. C'est dans ce climat de défiance que se sont déroulées les législatives, organisées sans consensus politique et social, a souligné le Pr Dano Djédjé.
S'appuyant sur les chiffres officiels de la Commission électorale indépendante (Cei), le Ppa-CI relève un taux de participation oscillant entre 32,34 % et 35,04 %, traduisant une abstention avoisinant 65 %. Une situation perçue par le parti comme un désaveu populaire silencieux mais profond face à un processus qu'il juge « vidé de sa substance démocratique ».
Malgré cette faible mobilisation, le Rhdp obtient 197 sièges sur 255, renforçant ainsi sa majorité parlementaire. Une configuration qui, selon le Ppa-CI, pose un sérieux problème de légitimité démocratique et de représentativité.
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Le Ppa-CI assume pleinement son choix de ne pas prendre part au scrutin. « Il ne s'agissait pas d'une politique de la chaise vide, mais du refus de légitimer une chaise déjà occupée », a martelé son président exécutif. Pour le parti, cette décision se voulait politiquement juste, moralement responsable et stratégiquement cohérente.
Le Ppa-CI réclame, par ailleurs, une réforme en profondeur du système électoral, notamment la recomposition de la Cei, la refonte de la liste électorale, la sécurisation de l'état civil et un découpage électoral équitable. Il exige également la libération immédiate des prisonniers politiques et le retour sécurisé des exilés, des conditions jugées indispensables à toute réconciliation nationale.
Enfin, le parti annonce une phase de remobilisation et de réorganisation autour de son projet stratégique Cap 2030, avec pour objectif la reconquête démocratique et l'instauration d'élections réellement libres et crédibles en Côte d'Ivoire. « Aucune paix durable, a conclu le Pr Dano Djédjé, ne peut se construire en dehors de la vérité, de la justice et de la réparation. »