Gabon: Football gabonais - L'honorable Justine Judith Lekogo met en garde contre toute ingérence politique

La récente décision du gouvernement gabonais portant sur la dissolution du staff technique de l'équipe nationale de football, la suspension de certains joueurs emblématiques, ainsi que la suspension de l'équipe nationale elle-même, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de l'opinion publique.

Dans une déclaration rendue publique, l'honorable Justine Judith Lekogo, députée de la Nation, a exprimé une position ferme et mesurée, que plusieurs observateurs analysent comme une condamnation implicite mais claire de la démarche gouvernementale, au regard des règles internationales qui régissent le football mondial.

Une décision jugée contraire aux principes de la FIFA

L'élue rappelle que la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) est une entité reconnue par la FIFA, et qu'à ce titre, elle doit fonctionner en toute indépendance, à l'abri de toute pression ou instruction politique.

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« Les décisions sportives, qu'il s'agisse de la sélection nationale, de son encadrement technique ou de la gestion des joueurs, relèvent exclusivement de la compétence de la Fédération », souligne-t-elle, mettant en garde contre toute orientation émanant des pouvoirs publics.

Selon l'honorable Justine Judith Lekogo, toute intervention directe de l'État dans la gestion d'une fédération affiliée à la FIFA est susceptible d'être interprétée comme une ingérence, exposant le Gabon à des sanctions internationales, comme cela a déjà été le cas dans plusieurs pays africains et asiatiques.

Des sanctions qui pénaliseraient le Gabon et ses sportifs

La parlementaire insiste sur les conséquences potentielles de telles décisions : suspension de la fédération, exclusion des compétitions internationales, pénalisation des joueurs et atteinte à l'image du pays sur la scène sportive mondiale.

Pour elle, la suspension de figures majeures du football gabonais, à l'instar de Pierre-Emerick Aubameyang, ne peut être décidée que dans le strict cadre des règlements sportifs internes, et non à la suite d'une décision administrative ou politique.

Un appel à la responsabilité autour du Chef de l'État

Dans un passage particulièrement significatif de son interpellation, l'honorable Justine Judith Lekogo attire l'attention sur le rôle de certains conseillers et décideurs gravitant autour du pouvoir exécutif.

Sans les nommer, elle estime que certaines orientations données au Chef de l'État ou à des membres du gouvernement n'honorent pas la plus haute autorité du pays, et risquent de la placer dans des situations délicates sur le plan national et international.

« Désorienter le Chef de l'État par des décisions contraires aux engagements internationaux du Gabon, c'est exposer inutilement sa responsabilité en tant que chef du gouvernement », laisse-t-elle entendre.

Préserver l'indépendance des institutions sportives

Se voulant responsable, constructive et guidée par l'intérêt supérieur du sport gabonais, la députée appelle au respect strict des textes en vigueur et des engagements internationaux du Gabon.

Pour elle, le respect de l'indépendance des instances sportives n'est pas une option, mais une condition essentielle de crédibilité, de stabilité et de progrès pour le football gabonais.

Un message qui, à l'évidence, relance le débat sur la frontière entre autorité de l'État et autonomie des institutions sportives, à un moment crucial pour l'avenir du football national.

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