Les limiers du commissariat de Saint-Louis, en collaboration avec leurs collègues de Tivaouane, n'ont pas tardé à mettre fin à la cavale de Lansana Camara, de nationalité guinéenne et âgé de 28 ans, après le meurtre de son compatriote Yaya Faty, survenu dans la nuit du 17 au 18 décembre, au quartier Cité Dabakh de Tivaouane.
Interpellé après seulement une semaine de fuite, le 26 décembre 2025, à Rao, dans le département de Saint-Louis, Lansana Camara a d'abord nié les faits de meurtre qui lui sont reprochés. Mais, suite à un interrogatoire approfondi et à l'exploitation du téléphone de la victime par les enquêteurs de Tivaouane, il a fini par avouer avoir ôté la vie à Yaya Faty.
Le 29 décembre, il a été conduit sur les lieux du crime pour une reconstitution qui a duré de 11 heures à 16 heures, afin de montrer aux policiers comment la scène s'était déroulée. Selon ses explications, une dispute avait éclaté entre lui et Yaya Faty lorsque ce dernier lui a répondu que son employeur n'avait pas encore payé l'argent qu'il devait à Lansana Camara. La discussion a dégénéré en bagarre dans la chambre qu'ils occupaient dans le quartier Cité Dabakh.
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Toujours d'après Lansana Camara, Yaya Faty aurait sorti un couteau en premier. Le suspect lui aurait ensuite asséné plusieurs coups avec un coupe-coupe, puis avec un arrache-clou sur la tête, entraînant l'effondrement de la victime dans une mare de sang. Constatant l'irréparable, Lansana Camara a tenté de dissimuler les traces du crime en nettoyant la chambre et les armes utilisées avant de les remettre à leur place initiale.
Dans la continuité de son projet de dissimulation, il a transporté le corps de la victime jusqu'à une fondation en chantier située à environ 150 mètres de la chambre, où il l'a enterré. À son retour, il a changé ses vêtements tachés de sang et les a placés dans un sachet noir, avant de s'emparer du téléphone portable de Yaya Faty et de la somme de 80 000 francs appartenant à la victime.
Dès l'aube, Lansana Camara a pris la direction de Rao, où il avait trouvé un emploi grâce à l'un de ses compatriotes guinéens.
Grâce à cette reconstitution de cinq heures, les enquêteurs du commissariat de Tivaouane ont pu retracer les faits qui avaient plongé les habitants de la Cité Dabakh et l'opinion publique dans l'émoi. Elle a également permis de boucler l'enquête et de déférer le mis en cause devant le parquet.
Malheureusement, Yaya Faty ne pourra jamais donner sa version des faits.