COMMUNIQUE?
Adopté par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), lors de sa 1319e réunion, tenue le 16 décembre 2025, faisant le point sur la situation au Soudan.
Le Conseil de Paix et de Sécurité,
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Rappelant toutes ses déclarations et décisions antérieures sur la situation au Soudan, en particulier le Communiqué [PSC/AHG/COMM.1261 (2025)] adopté lors de sa 1261e réunion tenue au niveau des chefs d'État et de gouvernement le 14 février 2025 ; Le Communiqué [PSC/PR/COMM.2.1308 (2025)] adopté lors de sa 1308e réunion d'urgence tenue le 28 octobre 2025 ; Le Communiqué [PSC/PR/COMM.1293 (2025)] adopté lors de la 1293e réunion tenue le 4 août 2025 ; le Communiqué de presse [PSC/PR/BR.1292 (2025)] adopté lors de sa 1292e réunion tenue le 29 juillet 2025 ; le Communiqué de presse [PSC/PR/BR.1264 (2025)] adopté lors de sa 1264e réunion tenue le 11 mars 2025 ;
Réaffirmant l'engagement de l'UA à respecter l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'unité nationale du Soudan ; et également l'engagement de l'UA à continuer d'accompagner le peuple soudanais dans sa quête incessante et légitime du rétablissement de la paix, de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la gouvernance démocratique, ainsi que dans la recherche d'une solution pacifique et consensuelle aux défis auxquels son pays est confronté;
Prenant note du discours liminaire de S.E. Ambassadeur Ennio Maes, Représentant permanent de la République de Côte d'Ivoire auprès de l'UA et Président du CPS de l'UA pour le mois de décembre 2025, ainsi que de la remarque introductive de S.E. Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA au Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité ;
Prenant également note des exposés, respectifs, de S.E. Adama Dieng, Envoyé spécial de l'UA pour la prévention du génocide et des atrocités de masse, de S.E. Ambassadeur Mohammed Belaiche, Représentant spécial du Président de la Commission de l'UA pour le Soudan, ainsi que des déclarations de S.E. Lawrence Korbandy, Envoyé spécial de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), du Représentant de la Ligue des États arabes et de S.E. Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies auprès de l'UA et Chef du Bureau des Nations unies auprès de l'UA ; et
Agissant en vertu de l'Article 7 de son Protocole, le Conseil de Paix et de Sécurité ;
1. Exprime sa profonde préoccupation face à la poursuite du conflit armé au Soudan, qui a causé de nombreuses pertes en vies humaines, détruit l'économie et les infrastructures du pays, réduit à néant les progrès réalisés en matière de développement et provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent ;
2. Réaffirme qu'il ne peut y avoir de solution militaire viable et durable au conflit qui sévit actuellement au Soudan et, à cet égard, demande un cessez-le-feu immédiat, permanent et inconditionnel afin d'ouvrir la voie à un dialogue politique visant à trouver une solution consensuelle et durable ;
3. Réitère son appel en faveur de la reprise du dialogue inter soudanais sur la base d'une approche inclusive et dans un esprit de réconciliation et de recherche d'une solution politique à l'amiable, dans le cadre d'un processus mené par l'UA et soutenu, le cas échéant, par des efforts internationaux coordonnés, notamment par l'intermédiaire des Nations unies, de l'IGAD et d'autres instances régionales et internationales de soutien à la paix, y compris le Quad, en vue de favoriser la désescalade, une trêve humanitaire et la cessation des hostilités, afin de rétablir la paix et la stabilité au Soudan ;
4. Se félicite de la création du Quintet sous la direction de l'Union africaine afin de renforcer la coordination des efforts de médiation en vue de la tenue d'un dialogue politique inclusif inter soudanais ; et réitère son appel aux membres du Quintet et du Quad à collaborer étroitement et en synergie dans les efforts de médiation, d'éviter les chevauchements et de garantir une approche cohérente, en vue de parvenir à une solution négociée et durable au conflit actuel au Soudan ;
5. Exhorte vivement les parties au conflit à mettre de côté leurs divergences et leurs intérêts particuliers, à donner la priorité aux intérêts supérieurs de leur pays et de leur peuple et à donner une chance à la paix, afin de mettre fin aux souffrances indicibles auxquelles est confronté le peuple soudanais ; et appelle à la restauration rapide et complète d'un gouvernement démocratiquement élu et dirigé par des civils ;
6. Souligne le rôle central joué par l'UA dans le processus de paix au Soudan et salue la coordination assurée par l'UA au sein du Quintet, qui est essentielle pour présenter un front uni, éviter la fragmentation des efforts et, à terme, mener à une transition politique inclusive et dirigée par des civils au Soudan ;
7. Réitère également la ferme condamnation et le rejet total par l'UA de la création, en République du Soudan, d'un soi-disant « gouvernement parallèle » par l'Alliance fondatrice du Soudan (Tasis) dirigée par les RSF paramilitaire ;
8. Réitère en outre la condamnation ferme par l'UA de toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Soudan et demande au Sous-comité du CPS chargé des sanctions, en collaboration avec le Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA) et le Mécanisme de coopération policière de l'UA (AFRIPOL), d'identifier tous les acteurs qui alimentent le conflit au Soudan et de recommander des mesures à prendre par le CPS ;
9. Se déclare profondément préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire et économique, en particulier par les informations faisant état d'une famine et d'une situation de disette dans le pays, notamment à El-Fasher ; exige que l'aide humanitaire puisse parvenir sans entraves aux populations dans le besoin et que les agences humanitaires soient protégés ;
10. Demande à la Commission de l'UA, par l'intermédiaire du Département de la Santé, des Affaires humanitaires et du Développement social, en tant qu'acteur humanitaire africain, de s'acquitter pleinement de sa mission au Soudan ; dans le même contexte, demande également à la Commission de l'UA de créer un groupe de travail interdépartemental chargé de coordonner les efforts humanitaires et les activités connexes telles que le redressement post-conflit, en tirant parti des structures existantes de l'UA et en invitant les principaux partenaires régionaux ;
11. Condamne avec la plus grande fermeté les graves violations des droits de l'homme commises par les forces paramilitaires RSF à El-Fasher, notamment les meurtres systématiques, les déplacements massifs de population et les persécutions ethniques ; se déclare également alarmé par les récents événements survenus à Babanusa et dans le champ pétrolifère de Heglig, qui témoignent d'une dangereuse escalade du conflit visant les infrastructures stratégiques et les actifs économiques essentiels de l'État soudanais ; félicite les pays voisins du Soudan pour avoir accueilli et soutenu des millions de réfugiés soudanais et pour leur collaboration continue avec l'UA et l'IGAD afin de trouver des solutions durables au conflit ; dans ce contexte, demande à la Commission de l'UA, à l'IGAD et aux pays voisins de continuer à impliquer les acteurs civils dans un processus de dialogue inter-soudanais inclusif
12. Lance un appel pressant à tous les pays concernés et aux États membres de l'UA de suspendre toute assistance militaire, technique ou logistique à toute partie impliquée dans des attaques contre des civils ; et avertit que ceux qui soutiennent les parties qui alimentent le conflit seront redevables de leurs actes ;
13. Souligne l'importance d'intensifier la documentation des atrocités commises par les parties au conflit afin de lutter contre l'impunité et de promouvoir la responsabilité et la justice pour les victimes, et appelle la communauté internationale à soutenir ces efforts ;
14. Réitère sa demande à la Commission de l'UA de surveiller régulièrement et de rendre compte des crimes commis dans tout le Soudan, afin de mettre en place des mesures préventives et de réduire le risque de récidive, ainsi que d'élaborer un plan pour la protection des civils et de formuler des recommandations à l'intention du Conseil ;
15. Félicite S.E. Adama Dieng, Envoyé spécial de l'UA pour la prévention du génocide et des atrocités de masse, pour son engagement continu auprès des autorités soudanaises et des entités nationales chargées des droits de l'homme au Soudan, et souligne la nécessité de renforcer davantage la protection des civils en coordination avec les acteurs internationaux afin de garantir la sécurité des couloirs humanitaires et la protection efficace des populations vulnérables ;
16. Demande à l'ONU de suivre et de tracer tous les fournisseurs d'armes illicites aux belligérants, d'enquêter et de suivre toutes les armes utilisées au Soudan, en accordant une attention particulière à leurs pays d'origine, de fabrication et aux voies d'approvisionnement, conformément à la Résolution 2750 du Conseil de sécurité des Nations unies ;
17. Prend note des progrès accomplis par la Commission de l'UA dans le processus de réouverture du Bureau de liaison de l'UA au Soudan et réaffirme la nécessité d'accélérer la mise en oeuvre de la décision du Conseil relative à la réouverture du Bureau de liaison de l'UA au Soudan, à Port-Soudan ;
18. Convient d'organiser une réunion ministérielle sur le Soudan, en marge de la 39e Session ordinaire de la Conférence de l'UA, prévue en février 2026 à Addis-Abeba ; et
19. Décide de demeurer activement saisi de la question.