Ile Maurice: Une priorité absolue pour assurer un avenir durable

L'île Maurice s'est engagée à atteindre des objectifs climatiques ambitieux, notamment de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % et atteindre 60 % d'électricité renouvelable avec une élimination complète du charbon d'ici 2035. Or, malgré une volonté politique forte et des mesures appropriées, la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité a connu une progression inégale, passant de 23,9 % en 2020 à environ 18 % en 2024. Les combustibles fossiles représentent encore plus de 80 % de l'électricité, ce qui rend le pays vulnérable aux fluctuations des prix et aux chocs d'approvisionnement.

Cette dépendance expose l'économie de l'île à la volatilité des prix mondiaux des combustibles fossiles, aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement et aux pressions sur les devises étrangères. Selon certains experts, pour mener à bien cette transition, Maurice doit privilégier une approche équilibrée qui intègre la décarbonisation, la sécurité énergétique, l'accessibilité financière, l'inclusion sociale, la gouvernance et l'innovation technologique.

«Renewable Energy Act»

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Le Pr Khalil Elahee, expert en énergie et président de la Mauritius Renewable Energy Agency, explique que l'agence mettra en oeuvre son plan stratégique 2026- 2030 pour le développement des énergies renouvelables. Le recrutement d'un Chief Executive Officer et la mise sur pied de comités de suivi se feront en parallèle à l'élaboration d'une loi-cadre, la Renewable Energy Act, sous l'égide du ministère de tutelle.

«L'objectif suprême est qu'il n'y ait pas de délestage en 2026 grâce à la maîtrise de la demande et la sobriété énergétique, l'introduction de normes pour les appareils énergivores et le mise en opération de projets photovoltaïques et de batteries connectés au réseau. La nouvelle roadmap pour les énergies renouvelables est très attendue avec en prime un programme national pour l'introduction de panneaux solaires sur les toitures dans le secteur domestique. Des amendements aux lois existantes seront nécessaires.»

Pour relever les défis urgents et orienter l'île vers un avenir durable, deux domaines prioritaires sont essentiels pour sa transition énergétique et climatique, chacun étayé par des objectifs spécifiques et des actions concrètes.

Décarbonisation et alignement climatique :

ce pilier vise à fondamentalement remodeler l'empreinte carbone de Maurice et à aligner ses politiques énergétiques sur les impératifs climatiques mondiaux.

Sécurité énergétique et résilience:

le second pilier est dédié au renforcement de la sécurité énergétique de Maurice et au développement de sa résilience face à divers chocs, y compris les impacts du changement climatique et les incertitudes géopolitiques. Il faut aussi, selon les experts de ce secteur, promouvoir le développement d'initiatives locales, des projets à grande échelle aux programmes communautaires. Cela stimule les économies locales, crée des emplois verts et renforce les capacités nationales dans les technologies énergétiques durables.

Maîtrise de la demande en énergie

«À partir de la campagne d'efficacité énergétique et de gestion de la demande aux heures de pointe démarrée le 15 octobre 2025, il faudra s'assurer qu'en 2026, il n'y ait pas de délestage. Le système d'alerte rouge/jaune/vert fonctionne et il faut le maintenir jusqu'à fin mars 2026», souligne le Pr Elahee. «L'Energy Efficiency Management Office (EEMO) introduira les normes obligatoires pour les réfrigérateurs début 2026 pour faire suite à la mise en application depuis septembre 2025 de celles sur les climatiseurs, qui ont contribué à la réduction de la pointe de consommation jusqu'ici. De plus, un Energy Efficiency and Renewable Energy Job Fair est prévu en janvier 2026 rassemblant les acteurs du secteur. L'EEMO lancera aussi l'Energy Performance Contracting Scheme, un programme pour l'implémentation de la maîtrise de la demande en énergie dans les secteurs commerciaux et industriels, un projet soutenu par les Nations unies.»

En 2026 et au-delà, plusieurs projets doivent être mis en place :

- Stabilité du réseau et stockage :

D'ici juin 2026, 20 MW supplémentaires de stockage par batterie seront connectés au réseau. Tous les futurs projets solaires devront inclure un système de stockage afin de garantir une fiabilité similaire à celle d'une charge de base.

- Gaz naturel :

Afin de garantir la sécurité pendant la transition, le Central Electricity Board développe des turbines à gaz à cycle combiné d'une capacité de 450 à 500 MW alimentées au gaz naturel liquéfié.

- Biomasse et agriculture :

le cadre du National Biomass Framework sera élargi en mettant l'accent sur les copeaux de bois et en encourageant les projets agrisolaires (combinant agriculture et énergie solaire) jusqu'à 4 MW.

- Transports :

Le Budget 2025- 2026 donne la priorité au renouvellement du parc de bus publics avec des bus électriques alimentés par des énergies renouvelables.

Maurice se trouve ainsi à un tournant stratégique. La transition vers les énergies renouvelables représente non seulement un changement technologique, mais aussi un levier pour renforcer la résilience économique, l'équité sociale et la compétitivité à long terme, tout en atteignant les objectifs climatiques ambitieux.

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