Au stand de la région de Tambacounda, les produits se distinguent par leur originalité et leur diversité. Allant des médicaments traditionnels aux produits céréaliers en passant par les vêtements traditionnels, Tambacounda déploie également ses merveilles touristiques dans cette 33e édition de la Foire internationale de Dakar (Fidak).
Mbeurbeuf (Momordica charantia ou Melon amer), citron khaye, feuilles de laurier, jatropha, etc. Ces noms ne vous disent peut-être rien. Mais sachez qu'ils sont à la base d'un savon utile pour ses apports médicinaux. Du moins, c'est l'avis de Noukhou Bakhayoko, producteur de savons, originaire de Tambacounda. L'homme, âgé d'une soixantaine d'années, a appris l'art de la savonnerie grâce, dit-il, à une formation dispensée par des Indiens qui étaient venus, il y a longtemps, à Tambacounda. « J'exerce ce métier non seulement pour m'occuper, mais aussi pour aider les gens en leur proposant ces produits naturels que je fabrique », confie M. Bakhayoko.
Dans le stand de la région de Tambacounda, le coin dédié à la pharmacopée se distingue par ces produits assez particuliers qui émergent dans un océan de céréales, de tissus, de colliers, etc. Pour Dame Fall, tradipraticien, la région de Tambacounda est la seule qui a, dans son stand, des produits de la pharmacopée, et « ce ne sont pas n'importe quels produits. Ils sont le fruit d'une science apprise et d'une maîtrise des plantes. Le tradipraticien doit connaître la maladie, savoir comment se manifestent ses différents symptômes afin de pouvoir apporter la solution idoine », mentionne-t-il.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Ces produits, à la différence de ceux qui sont le plus souvent vendus dans les coins de rue, sont, s'il faut en croire Dame, plus « efficaces » et « plus naturels », car « les plantes sont cueillies au coeur de la forêt, là où elles sont à l'abri de toutes nuisances liées à des produits toxiques », indique-t-il. Les produits médicinaux ne sont pas les seuls à garnir le stand de Tambacounda. Sur place, on y trouve des produits céréaliers à l'image du fonio, du mil, du sorgho, du maïs, du jujube du désert, du riz rouge, etc. Mais aussi des boîtes remplies de pâte d'arachide. Au fond de l'échoppe, des tissus bariolés donnent au site un décor coloré.
Des pagnes tissés, de la broderie, ou de simples wax sont accrochés derrière les tables garnies. Abibatou Diakité, couturière, explique que ces vêtements sont cousus par des femmes comme elle qui font de l'artisanat dans la région qu'elle considère comme étant la « dernière frontière du Sénégal parce que partageant une frontière avec le Mali, la Mauritanie et la Guinée Conakry », remarque-t-elle. À côté de la table de Mme Diakité se dresse le coin du parc Niokolo Koba.
Dans ce petit espace, des parties de quelques animaux sauvages sont exposées. Il en est ainsi d'une tête d'hippotrague (antilope chevaline) avec ses cornes recourbées en arrière, des cornes d'un éland de Derby ou encore celles d'un cob de Fassa. Tout comme cette gigantesque défense d'éléphant embrunie. À côté de ces chefs-d'oeuvre de Dame Nature se dresse un tableau répertoriant l'ensemble des espèces détectées lors du suivi des pièges photographiques réalisé en 2025. Un ensemble d'éléments qui font du stand de la région de Tambacounda un espace de découverte de quelques merveilles du Sénégal oriental.