Les dernières semaines de 2025 ont été marquées par un regain de tensions entre l'Égypte et le maréchal libyen Khalifa Haftar, qui contrôle l'est et le sud de la Libye. À l'origine du différend : l'implication du clan Haftar dans le conflit soudanais. Selon Le Caire, Haftar, incité par Abou Dhabi, fournit un soutien logistique aux paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée régulière. Le sud libyen s'est ainsi transformé en base arrière, acheminant armes, carburant et mercenaires via le Darfour. L'Égypte, inquiète pour ses frontières sud et ouest, multiplie les messages diplomatiques afin d'inciter Haftar à tempérer son action.
Depuis l'été 2023, les relations entre Le Caire et Haftar sont tendues. En juin, le Caire avait invité Saddam Haftar, futur vice-commandant de l'Armée nationale libyenne, dans l'espoir de « briser la glace ». Malgré une réception en grande pompe, la rencontre n'a pas permis de résoudre le conflit latent.
Au contraire, les autorités de l'est libyen ont intensifié leur soutien aux FSR. L'Égypte se trouve concurrencée par d'autres puissances régionales, souhaitant attirer Haftar dans leur sphère d'influence.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Le 8 décembre, Khalifa Haftar et ses deux fils militaires ont été convoqués au Caire. Selon la presse égyptienne, le président el-Sissi leur a adressé des reproches. Le porte-parole de la présidence a affirmé que « la sécurité du Soudan est fortement liée à celle de l'Égypte et de la Libye » et a dénoncé toute ingérence étrangère ainsi que la présence de mercenaires.
Malgré ces avertissements, Haftar reste inflexible. Lundi, l'Égypte a dépêché son vice-chef du renseignement à Tripoli avec une délégation sécuritaire, qui a rencontré le Premier ministre Dbeibah. Cette initiative a pour double objectif : rappeler à Haftar les limites de son action tout en montrant que l'Égypte dispose d'alternatives sur la scène libyenne.
Maintenant que les dés sont lancés, que l'Arabie saoudite et les Émirats s'opposent publiquement au Yémen, l'Égypte pourrait avoir une plus grande marge de manoeuvre lui permettant d'accentuer sa pression sur son allié de l'est libyen, qui ne veut pas entendre raison.