Tunisie: Bulletin environnemnt janvier 2026

Tunis — Transition écologique en Tunisie : une révolution annoncée, mais toujours en attente

A travers sa Stratégie Nationale de Transition Écologique (SNTE), articulée autour de 53 mesures transversales visant la résilience climatique et la neutralité carbone d'ici 2050, la Tunisie projette de concrétiser une révolution verte et transformer complètement son modèle de développement.

L'une des principales nouveautés de cette stratégie est la création imminente d'une "Haute Instance de la Transition Écologique" (HITE), pour arbitrer les politiques entre les différents secteurs. Il s'agit, également, de créer un Fonds de la Transition Écologique (FOTE), issu de la restructuration des fonds existants comme le FODEP.

La stratégie prévoit, aussi, l'instauration d'un Conseil économique, social et environnemental (CESE), en tant qu'instance consultative pour représenter la société civile dans ces décisions.

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Un nouveau Code de l'environnement est en attente d'adoption pour harmoniser le droit environnemental et introduire des principes de justice climatique. Le pays prévoit, dans le même cadre, de restructurer la Taxe de protection de l'environnement (TPE) et de créer une banque spécialisée dans la finance verte ainsi qu'un fonds souverain d'investissement vert.

Il est prévu également, dans le cadre de la même stratégie de créer un poste de conseiller spécial auprès du Chef de l'Etat chargé de la transition écologique et du climat.

Pour protéger les forêts, le pays s'engage, à travers la SNTE, dans un programme massif de reboisement prévoyant la plantation de 12 millions d'arbres chaque année, soit un arbre par citoyen. En parallèle, un système national d'alerte précoce (SAP), connecté aux réseaux internationaux, sera déployé pour minimiser les risques de catastrophes naturelles liées au climat.

En ce qui concerne l'énergie verte et métiers du futur, la transition énergétique en Tunisie vise à atteindre 35 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique d'ici 2035. Des stratégies spécifiques pour l'hydrogène vert et la mobilité électrique sont en cours de déploiement. Un programme national de formation certifiante dans les "métiers verts" est prévu dans le cadre de la stratégie nationale de transition écologique. Une fois mises en oeuvre, ces mesures pourraient transformer en profondeur le modèle de développement du pays et redonner au paysage tunisien une image longtemps altérée par une pollution rampante.

Bioénergie: La Tunisie projette d'atteindre 15% de sa production électrique à partir des déchets d'ici 2035

La Stratégie nationale de réduction et de valorisation des déchets, adoptée, en mars 2025, lors d'un Conseil ministériel restreint, s'est fixée pour objectifs de réduire les déchets à la source, d'augmenter le recyclage et la valorisation, de créer des centres de traitement et de valorisation des déchets dans plusieurs régions du pays et de construire des unités de valorisation énergétique (biogaz, biométhane) dans les prochaines années (2026-2030).

Le pays cherche à travers ce plan, à réduire le taux d'enfouissement des déchets d'environ 54 % d'ici 2030, de faire face à des défis énergétiques, économiques et environnementaux majeurs, avec un déficit énergétique dépassant 60% et une pollution en hausse et aussi à créer de nouvelles opportunités économiques dans les régions. Selon les responsables de l'Agence nationale de maitrise de l'énergie (ANME), l'objectif majeur est "d'atteindre 15% de notre production électrique à partir des déchets d'ici 2035".

Des projets pilotes déjà en exploitation ou en phase de lancement sont annoncés à Sousse et à Djerba (STEG) et une stratégie nationale de valorisation énergétique est intégrée aux plans 2026-2030. La finalité est de réduire les décharges et de convertir des déchets en énergie, soutenus par des partenariats internationaux et des financements extérieurs.

Une première unité de production d'énergie verte à partir de déchets ménagers a été inaugurée dans la décharge contrôlée d'Oued Laya (gouvernorat de Sousse). L'Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), va mettre en place, à cet effet, une feuille de route visant à augmenter, en 2026, la production d'électricité à cette unité, grâce à la valorisation des gaz issus du recyclage des déchets ménagers.

Un projet de valorisation des déchets à Djerba est en cours de réalisation. Il vise à valoriser les déchets organiques des unités hôtelières et ménagers, produire de l'énergie (électricité/biogaz) et des engrais organiques utilisables en agriculture. Ce projet est soutenu par des partenaires internationaux, notamment le PNUD et le Japon.

Les autorités nationales prévoient, également, de soutenir les entreprises communautaires porteuses de projets de valorisation des déchets à Monastir et Zarzis.

Gov4GreenMed: Nabeul, territoire pilote pour le renforcement de la gouvernance locale

La ville de Nabeul a été retenue comme territoire pilote en Tunisie dans le cadre du projet régional "Gov4GreenMed", une initiative méditerranéenne cofinancée par l'Union européenne dans le cadre du programme Interreg NEXT MED, visant à renforcer la gouvernance locale et participative dans la gestion des déchets solides municipaux et alimentaires.

"Gov4GreenMed" réunit un consortium de six partenaires méditerranéens, conduit par le Centre technologique UVic-UCC BETA (Catalogne), aux côtés de MedCities (Espagne), de l'ONG italienne COSPE, du CITET (Tunisie), de l'organisation jordanienne FPEC et de la municipalité métropolitaine d'Antalya en Turquie.

Cinq nouveaux modèles de gouvernance locale participative ont été discutés, à travers des espaces de concertation multipartites, et le renforcement des capacités d'au moins 30 autorités publiques et acteurs locaux. À terme, près de 390 000 citoyens pourraient bénéficier directement des résultats du projet à l'échelle méditerranéenne.

Les solutions énergétiques durables au coeur de la conférence "EnergyTech 2026", en mars prochain, au Japon

La 8e édition de la Conférence internationale sur les énergies renouvelables "EnergyTech 2026", sera organisée, à Tokyo au Japon, les 26 et 27 mars 2026, sur le thème "Innovating Energy Solutions for a Sustainable Future" (Innover pour des solutions énergétiques durables).

Elle sera axée sur les solutions énergétiques durables, couvrant les domaines du solaire, de l'éolien, de l'hydroélectricité, du stockage d'énergie, des réseaux intelligents et des technologies émergentes pour accélérer la transition énergétique mondiale.

Ce rendez-vous international se tient dans un contexte mondial où la transition vers les énergies propres est devenue une priorité politique, industrielle et scientifique. La communauté internationale se mobilise pour réduire les gaz à effet de serre, améliorer la sécurité énergétique, développer des technologies locales et globales et intégrer des systèmes énergétiques avec des outils numériques et de l'intelligence artificielle (IA).

La conférence abordera l'intelligence artificielle (IA) et les outils numériques, en tant que moyens pour optimiser la gestion de l'énergie en temps réel et contribuer à l'efficacité globale des systèmes énergétiques.

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