Ile Maurice: Theesan Bahorun - «Le MRIC dépasse le financement pour devenir un acteur de la diplomatie scientifique»

Le professeur Theesan Bahorun est le directeur exécutif du Mauritius Research and Innovation Council (MRIC). Il est titulaire d'un doctorat en sciences de la vie et de la santé en biotechnologie de l'Université de Lille I. Il a consacré plus de vingt-cinq années à la recherche scientifique, à l'enseignement supérieur et à la gouvernance de la recherche. Il nous parle de cette institution chargée de soutenir la stratégie nationale de recherche et d'innovation.

Quel est le rôle du Mauritius Research and Innovation Council (MRCI) dans une île comme Maurice où la technologie prend de plus en plus d'importance ?

À Maurice, la transformation numérique et l'économie du savoir occupent une place croissante. Dans ce contexte, le MRIC joue un rôle stratégique de pilier institutionnel de l'innovation. Il joue un rôle central de catalyseur et investisseur stratégique de l'innovation.

De par son mandat, il contribue à transformer le pays d'une économie de services traditionnels vers une économie fondée sur la connaissance, la recherche et la technologie : conditions essentielles pour assurer une compétitivité soutenue sur la scène régionale et internationale.

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Quels ont été les projets phares du MRIC en 2025 et leur impact sur la société ?

En 2025, le MRIC a consolidé son rôle de catalyseur de l'innovation technologique à Maurice en finançant de nombreux projets innovants alignés avec les défis nationaux, stimulant les collaborations entre recherche, industrie et société civile, promouvant des initiatives à fort impact socio-économique et environnemental. Par exemple, dans le cadre du projet Transformation of the Waste sector towards Energy Nexus in the Southwest Indian Ocean (TWENex), le MRIC a organisé un Regional Innovation Challenge soutenant des idées innovantes sur la gestion des déchets et la production d'énergie durable.

Le MRIC a aussi coordonné la National Research Week avec pour objectif de renforcer les liens entre la recherche universitaire et l'industrie, en mettant l'accent sur l'innovation en action

Quels sont les projets pour 2026 ?

En 2026, le MRIC dépasse le rôle classique d'agence de financement pour devenir un acteur stratégique de la diplomatie scientifique mauricienne. À travers le programme spatial, les coopérations internationales, les compétitions nationales d'innovation et les plateformes de recherche, elle positionne la science et la technologie comme outils de souveraineté, d'influence internationale et de développement durable pour Maurice.

Le développement et le lancement du deuxième satellite mauricien, en coopération avec l'Indian Space Research Organisation (ISRO), constitue l'un des projets les plus emblématiques du MRIC pour 2026. Le satellite va fournir des données qui seront utilisées pour la surveillance maritime et de la zone économique exclusive (ZEE), l'agriculture intelligente, la gestion environnementale et climatique, et l'anticipation des risques naturels.

Quelle est votre vision de l'organisme dans les prochaines années ?

Le MRIC est aujourd'hui à un tournant stratégique. Il n'est plus seulement un organisme de financement de projets de recherche, mais devient un orchestrateur de l'écosystème national d'innovation, une interface entre science, économie et politique publique, est un outil de positionnement international pour Maurice.

L'île ne peut pas concurrencer les grandes puissances en volume de recherche et développement, mais peut se distinguer par l'agilité, la spécialisation, la coopération internationale ciblée. Les choix faits (climat, océan, spatial appliqué, innovation sociale, jeunesse) sont cohérents avec les vulnérabilités du pays, ses atouts géographiques et humains, et son ambition régionale dans l'océan Indien.

Le MRIC est en train de devenir un levier stratégique de développement, de crédibilité internationale et de résilience nationale pour Maurice, à condition de consolider l'impact concret de ses initiatives et d'ancrer durablement la science au coeur des politiques publiques.

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