Au Soudan, des combats féroces opposent depuis plusieurs jours l'armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dans les trois États du Kordofan : le Kordofan du Nord, le Kordofan du Sud et le Kordofan de l'Ouest. L'armée a lancé son offensive la plus importante depuis trois mois dans cette région du sud. Elle affirme avoir récupéré des localités stratégiques qui étaient passées aux mains des FSR. Ces derniers nient un quelconque recul.
Au Soudan, l'armée cherche à reprendre l'initiative au Kordofan, région où les FSR dominent et/ou assiègent les villes les plus importantes. Elle affirme exercer désormais une double pression sur les lignes de ravitaillement des FSR vers le Kordofan du Nord et assure qu'elle a repris plusieurs localités, poussant les FSR à se retirer vers l'ouest. L'armée ajoute qu'elle a pu apporter des ravitaillements à la ville de Dilling, encerclée par les FSR, au Kordofan du Sud. Elle a repris dans cette zone Hamadi, Habila et Kazkil, des localités situées au sud d'El-Obeïd, capitale du Kordofan du Nord.
Les Forces communes alliées de l'armée annoncent, de leur côté, avoir pris d'autres villes au Kordofan du Sud comme Dbeibat, poussant les FSR à se retirer. Les paramilitaires, eux, nient en bloc avoir été affaiblis au Kordofan du Sud.
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Mort d'un conseiller au Darfour du général Hemedti
L'armée a également montré des vidéos des membres des FSR capturés ces derniers jours, avec parmi eux des mercenaires sud-soudanais. Khartoum est en train de prendre contact avec le Soudan du Sud pour communiquer à Juba des preuves officielles sur cette implication de mercenaires.
Par ailleurs, le conseiller sécuritaire au Darfour du général Hemedti a été tué lors d'une frappe de l'armée. Il s'agit de Mohamad Ali Abou Bakr, le bras droit d'Abderrahim Dogolo, frère d'Hemedti. Il est mort lors d'une réunion au Darfour du centre, près de Zalingei. Cinq de ses collègues ont également été tués. Sa mort a été confirmée par un responsable des FSR qui a juré vengeance. Ce chef de terrain dirigeait une unité regroupant des centaines de combattants connus sous le nom al-Saif al-Battar, soit « l'épée tranchante ». Il avait joué un grand rôle dans l'enrôlement des tribus dans la guerre aux côtés des FSR.
La guerre au Soudan, qui oppose depuis avril 2023 l'armée du général al-Burhan aux paramilitaires du général Hemedti, a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné 11 millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».