Dans les rues de la capitale kényane, ils sont emblématiques. Les matatus, ces bus recouverts de graffitis, diffusent de la musique en continu et sont tellement « ambiancés » qu'ils se transforment presque en boîte de nuit. Privés, ils représentent toute une industrie, mais une requête a été déposée par un avocat devant la Haute Cour de Nairobi pour tenter d'interdire la musique très forte qu'on y joue.
La musique qui se joue dans les matatus, représente, selon l'auteur de la plainte, une pollution sonore aux conséquences importantes sur la santé humaine. Dans les rues de la capitale, le sujet divise les usagers.
Ainsi, en plein centre-ville de Nairobi, ce matatu, entièrement recouvert de graffitis, n'est pas encore parti que ses enceintes diffusent déjà de la musique à fond. Sur le trottoir, John âgé de 50 ans, préfère attendre un bus moins bruyant.
« Je préfère ceux qui n'ont pas de musique. Je ne sais pas si c'est à cause de mon âge, mais j'aime bien être en paix quand je voyage. Interdire la musique forte me paraît être une bonne idée, car certains matatus sont extrêmement bruyants et cela peut incommoder certains passagers », estime-t-il.
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Un avocat est devenu récemment le porte-parole de ces passagers aux oreilles agressées. Dans sa requête, relayée par la presse kényane, il explique qu'il souffre lors de ses trajets d'un « bruit fort, non sollicité et répétitif ». Il ajoute que cette musique est diffusée avec peu de considération pour certains passagers, notamment les bébés.
Une question culturelle
Cela étant, pour Fiona et Collins, tous deux dans la vingtaine, hors de question de supprimer la musique. « Je ne suis pas d'accord avec cette idée. Cela touche à notre culture ! La musique dans les matatus c'est génial, plus que génial même, c'est mon quotidien », dit Fiona.
« J'adore la musique, la musique très forte, surtout le rap, le hip-hop. C'est comme une boîte de nuit sur roues ! Parfois, je peux me lever le matin, me dire que je ne suis vraiment pas du matin, puis je monte dans un matatu, il a du RnB qui joue et ça me remonte le moral ! », ajoute Collins qui pointe du doigt un bus rouge flamboyant et tonitruant.
Le bus en question a gagné, en 2025, le titre de meilleur matatu de Nairobi. Parmi les critères : la qualité du système sonore.