Au Sénégal, les principaux syndicats de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) dénoncent, ce samedi 3 janvier, une dérive managériale au sein de l'entreprise. Accusant la direction de népotisme, de conflits d'intérêts, de décisions autoritaires et d'une dégradation des conditions de travail des salariés, ils interpellent directement les autorités sénégalaises.
Dans un communiqué conjoint, les syndicats Synpics et Synpap dénoncent la gouvernance actuelle de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) qu'ils jugent solitaire, opaque et marquée par le clientélisme. Parmi les griefs avancés figurent des attributions de marchés publics qui ne respecteraient pas, selon eux, les règles de transparence. Les syndicats citent notamment le projet du Village de la CAN qu'ils estiment entaché de conflit d'intérêts...
Ces derniers dénoncent par ailleurs la transformation de l'ancienne maison historique de la RTS en bureau personnel - au détriment des besoins des équipes - et déplorent l'absence de dialogue social au sein de l'entreprise. Des journalistes et des techniciens auraient ainsi été écartés sans justification, tandis que plusieurs acquis sociaux auraient été suspendus.
« Dérive managériale »
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Critiquant également la gestion du parc automobile du groupe dont des dizaines de véhicules achetés sur fonds publics seraient aujourd'hui immobilisés sans affectation claire et exposés à la dégradation, ils fustigent enfin l'interdiction faite aux syndicats de tenir un point de presse dans les locaux de la RTS, décision qu'ils qualifient de violation flagrante des libertés syndicales.
Cette prise de parole intervient après une intervention télévisée du directeur général de l'entreprise, Pape Alé Niang, qui rejette certaines de ces accusations et justifie la baisse des rémunérations par un décret actuellement suspendu.
Face à ce qu'ils décrivent comme une dérive managériale grave, les syndicats appellent le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Communication à intervenir.
À la tête de la RTS depuis 2024, Pape Alé Niang, ancien journaliste d'investigation et figure critique de l'ancien pouvoir, est aujourd'hui considéré comme proche des nouvelles autorités issues de l'alternance politique.