Cameroun: Routes au pays - Dieudonné Essomba dénonce une crise structurelle profonde

5 Janvier 2026

Le débat sur la dégradation du réseau routier camerounais vient de prendre une nouvelle dimension suite aux analyses tranchantes de l'économiste Dieudonné Essomba. Intervenant sur le plateau de Vision 4, l'analyste a bousculé les idées reçues en déplaçant la responsabilité des échecs actuels du terrain individuel vers le champ systémique. Pour lui, pointer du doigt l'inefficacité supposée du ministre des Travaux publics est une erreur de lecture qui occulte le véritable mal dont souffre le pays.

Le cœur de la problématique réside dans une incapacité opérationnelle flagrante de l'appareil public à mobiliser les entreprises nécessaires pour assurer la maintenance des infrastructures existantes. Cette gouvernance des infrastructures est aujourd'hui mise à rude épreuve par une réalité financière implacable. Dieudonné Essomba souligne que l'État camerounais se trouve dans une impasse budgétaire où les ressources disponibles ne permettent plus de couvrir les besoins colossaux du secteur.

En qualifiant la situation de non-soutenabilité financière, il met en lumière le décalage entre les ambitions de développement et les capacités réelles de financement. Cette fragilité de l'économie du transport empêche toute planification à long terme, condamnant les autorités à une gestion de l'urgence qui ne satisfait ni les usagers ni les partenaires économiques.

Le modèle actuel de gestion, hérité d'une période de croissance différente, semble totalement inadapté aux défis de la maintenance routière moderne. Les projets en souffrance et les routes délabrées ne sont que les symptômes visibles d'un système à bout de souffle. Essomba insiste sur le fait que le ministre, souvent exposé aux critiques acerbes de l'opinion publique, se débat en réalité avec des outils obsolètes et un budget exsangue. Cette situation de blocage impose une réflexion urgente sur la réforme du financement des travaux publics et sur l'organisation même des instances de décision.

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L'aménagement du territoire camerounais subit de plein fouet les conséquences de cette crise structurelle. Sans un réseau routier fluide et entretenu, la compétitivité économique du pays s'étiole, renchérissant le coût de transport des marchandises et freinant les échanges interurbains. La pression croissante des usagers doit être perçue comme un signal d'alarme pour l'exécutif, l'appelant à sortir du dogme actuel pour explorer de nouvelles pistes de financement, telles que les partenariats public-privé ou une décentralisation plus poussée de la gestion routière.

En définitive, l'analyse de Dieudonné Essomba invite à un changement de paradigme. La résolution du problème routier au Cameroun ne passera pas par un simple changement de personnel politique, mais par une refonte globale de la politique des infrastructures nationales. Il s'agit désormais de construire un modèle capable de résister aux chocs financiers tout en garantissant une durabilité des ouvrages. La survie de l'économie camerounaise dépend de cette capacité à transformer une impasse structurelle en une opportunité de modernisation profonde de son appareil étatique.

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