Madagascar: RN5 - Chavirement d'une pirogue, disparition de deux personnes

L'année 2026 débute sous de sombres auspices pour les usagers de l'axe Toamasina - Mananara-Nord, sur la RN5. Après que les crues ont emporté le bac de Vahibe (Mananara-Nord) le soir du Nouvel An, une pirogue de fortune a chaviré samedi dernier. Bilan : deux personnes portées disparues et un climat de tension qui ne cesse de monter.

Ce passage stratégique est actuellement le théâtre d'un véritable calvaire pour des centaines de voyageurs bloqués. Privés de leur principal moyen de transport, de nombreux usagers ont tenté le tout pour le tout.

Samedi après-midi, malgré les risques évidents, une pirogue lourdement chargée a tenté de franchir la rive. Sous le poids excessif et l'instabilité, l'embarcation a chaviré, projetant ses passagers dans les flots tumultueux.

Si plusieurs personnes ont pu regagner la rive, deux passagers manquent cruellement à l'appel. Les éléments de l'APMF (Agence Portuaire, Maritime et Fluviale) d'Analanjirofo ainsi que les autorités locales sont à pied d'oeuvre depuis samedi pour tenter de retrouver les corps ou d'éventuels survivants, épaulés par les villageois. Quant au piroguier, conscient de sa responsabilité criminelle dans cette surcharge, il a pris la fuite et est activement recherché.

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Le business du malheur

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, cet adage tristement célèbre s'applique littéralement à cette situation. Sur place, l'absence de solution officielle a laissé le champ libre à une spéculation sauvage.

Pour les usagers de la RN5, le voyage tourne au racket : 100 000 ariary, c'est le somme exigée par certains taxi-motos pour rallier Mananara-Nord depuis Vahibe, et 2 000 ariary, le tarif par tête pour une traversée en pirogue ... au péril de sa vie ! De longues files de véhicules s'étirent désormais de chaque côté de la rive, les chauffeurs et passagers étant contraints de dormir à la belle étoile en attendant une intervention des autorités.

Le personnel des Travaux Publics de l'Analanjirofo a déjà alerté le ministère de tutelle sur l'urgence de la situation. Entre la perte d'un équipement public coûteux et la perte de vies humaines, le district de Mananara-Nord crie son désarroi. En attendant l'arrivée d'un bac de remplacement ou une solution technique d'urgence, la RN5 reste coupée en deux, livrant les voyageurs à la merci des piroguiers et à la colère des eaux.

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