Après un premier tour convaincant, le Cameroun arrive en huitièmes de finale, « escorté » de plus de certitudes avant d'affronter l'Afrique du Sud. Mais face à un adversaire au séduisant tableau de chasse, et à des retrouvailles avec un ex-sélectionneur, le Cameroun a tout intérêt à être sur ses gardes ce dimanche devant les Bafana Bafana. Pour trois raisons principales.
Parce que les Bafana Bafana aiment les gros
L'Afrique du Sud n'a plus remporté la CAN depuis sa seule et unique victoire en Coupe d'Afrique en 1996, mais elle a dans son palmarès des exploits marquants ces dernières années qui devraient inquiéter le Cameroun. En 2019, les Bafana Bafana ont ainsi sorti la grande Égypte de sa propre CAN et fait pleurer tout un pays. Un but en fin de rencontre de Thembinkosi Lorch (86e), après une résistance héroïque, a permis à l'Afrique du Sud, qui avait fini troisième en poules, de réussir l'une des plus grosses surprises de l'histoire de la CAN.
Il y a deux ans également, la victoire sur le Maroc avait fait l'effet d'une bombe à la CAN 2024. Loin d'être favori face à l'équipe des Lions de l'Atlas, fraîchement quatrième du Mondial 2022, les Bafana Bafana surprennent (2-0) les hommes de Walid Regragui au terme d'un match abouti.
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Dernièrement, Teboho Mokoena et ses amis ont également démontré qu'ils savaient toujours dompter les gros en finissant premiers de leur groupe de qualification à la Coupe du monde au nez et à la barbe du Nigeria de Victor Osimhen. Le Cameroun est donc averti.
Parce qu'Hugo Broos connaît bien les Indomptables
« Ce match est spécial pour moi. Mais demain, je veux gagner le match en tant qu'entraîneur de l'Afrique du Sud, car ça reste dans les annales », a lâché le sélectionneur sud-africain Hugo Broos à la veille du duel face au Cameroun. Car cette rencontre constitue des retrouvailles pour le Belge, qui a été sacré champion d'Afrique avec le Cameroun en 2017, contre toute attente. Un exploit retentissant, mais un divorce qui finit mal, car Broos quittera les Indomptables dix mois après, limogé après avoir manqué la qualification au Mondial 2018.
Sur ce match, le Belge avoue ne pas être « revanchard », mais les Camerounais sont bien conscients que leur ex ne leur fera aucun cadeau. « Ce sera un match très compliqué vu le collectif sud-africain et le coach Hugo Broos, qui pour moi est un très bon entraîneur parce qu'il a gagné la CAN avec le Cameroun au moment où on l'attendait le moins. Il y aura un esprit de revanche parce qu'il (Hugo Broos, ndlr) est parti du Cameroun un peu précipitamment », reconnaît le sélectionneur du Cameroun, David Pagou.
Parce que la pression est de retour sur le Cameroun
Le Cameroun est arrivé dans cette CAN sur la pointe des pieds avec un statut d'outsider, et encore plus tant l'avant-CAN a été mouvementé. Un sélectionneur limogé, un autre nommé à quelques jours du coup d'envoi, des historiques comme Vincent Aboubakar et André Onana écartés, il y avait tout à craindre pour les Indomptables.
Mais les hommes de David Pagou ont surpris leur monde, leurs supporters en premier, en terminant deuxièmes de leur poule et surtout en chahutant l'équipe championne en titre, la Côte d'Ivoire, lors d'un duel épique. Il n'en fallait pas plus pour reconquérir les supporters, les observateurs et élever Pagou au rang de super coach. Un retournement de situation qui met désormais en lumière les quintuples champions d'Afrique, redevenus favoris à la veille de croiser l'Afrique du Sud.
Un nouveau statut qui pourrait faire déjouer Baleba et ses amis ? « Nous progressons et avançons doucement. Il faut rester concentrés. Nous essayons de rester dans notre carapace pour écarter la pression », affirme David Pagou. Il faudra confirmer cela ce dimanche au stade Al Barid de Rabat à partir de 19h (TU).