Ile Maurice: Introduction des «bodycams» - Une avancée pour protéger gardiens et détenus

Bientôt, les gardiens de la New Wing de la prison de Beau-Bassin porteront des caméras corporelles : les premières unités devraient arriver d'ici la fin du mois. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large du commissaire des prisons, qui vise à équiper à terme l'ensemble des surveillants. L'objectif principal est double.

D'une part, les caméras doivent permettre de prévenir et de réduire les agressions, en dissuadant les violences et en garantissant une trace objective des interventions. D'autre part, elles offrent un moyen de vérifier et de traiter les allégations des détenus, qu'il s'agisse d'accusations d'usage excessif de la force ou de comportements inappropriés. La présence d'enregistrements facilite les enquêtes internes et renforce la transparence.

«Nous avons lancé un appel d'offres et obtenu un fournisseur pour une première douzaine de caméras», a expliqué le commissaire des prisons, Dev Jokhoo, dans un entretien avec la radio-télévision nationale. «Ensuite, nous devrons prévoir des crédits dans le Budget 2026-2027. C'est dans l'intérêt des gardiens et des détenus.»

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«Les premières caméras corporelles seront attribuées aux gardiens de la New Wing, où nous recevons principalement des personnes purgeant leur première peine. Par la suite, nous équiperons également l'équipe du Prison Security Squad et la Correctional Emergency Response Team. L'objectif à long terme est d'équiper tous les gardiens de tous les centres pénitentiaires de Maurice», a ajouté Dev Jokhoo.

Pour que ce dispositif soit efficace, plusieurs éléments devront être pris en compte. Il faudra définir des règles claires d'activation et d'utilisation des caméras, former les agents à la protection de la vie privée et à la gestion des données, et mettre en place des procédures sécurisées de stockage et d'accès aux enregistrements. Un équilibre sera nécessaire entre sécurité, respect des droits des détenus et protection des agents.

Des bénéfices concrets sont attendus :une baisse des conflits, une accélération des enquêtes disciplinaires, et une amélioration de la confiance mutuelle entre surveillants et détenus. Mais des défis subsistent, notamment le coût du matériel et des infrastructures de stockage, ainsi que la nécessité d'un encadrement légal précis pour éviter les abus.

Pour rappel, l'univers carcéral à Maurice a été secoué ces dernières années par plusieurs décès suspects en détention, dont le dernier, Andy Selmour, en décembre dernier. En résumé, l'introduction des caméras corporelles marque un pas vers une surveillance plus transparente et une gestion des prisons mieux documentée. Si les règles d'usage, la formation et la protection des données sont correctement assurées, ce dispositif pourrait contribuer à réduire les violences et à clarifier les responsabilités dans les établissements pénitentiaires.

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