Trois ans que l'on s'évertue à créer une boutique pour les produits Made in Moris a l'aéroport sans succès. La cause est pourtant valable et il n'y a aucune controverse, puisque c'est pour le bien des producteurs locaux. Personne ne voit ses droits lésés par cette boutique, sinon les importateurs de produits équivalents qui coûtent plus cher au pays en devises lourdes, ou ces parasites qui toucheraient des commissions sur les contrats d'approvisionnements de la boutique hors taxe.
NEUF MOIS que l'on ne peut toujours pas remettre BBC World Service à l'antenne, malgré de vibrantes promesses pour «la plus grande diligence» qui soit. VINGT-DEUX ANS pour un jugement de la Cour suprême dans un cas allégué d'abus de pouvoir ayant mené à des heures de prison injustifiées. QUATRE ANS sans réponse à une lettre au District Council de Rivière-Noire demandant à qui payer le coût du service de voierie.
SEPT ANS ET HUIT MOIS sans réponse à un courrier au District Council de Moka Flacq, demandant gentiment la permission d'asphalter une route soi-même et de la protéger avec un drain, puisque aucune autorité publique ne voulait entreprendre quoi que ce soit du genre.
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SIX MOIS pour obtenir, de haute lutte, un permis pour opérer une école pour enfants à besoins spéciaux, les seuls lésés possibles en la circonstance étant les enfants eux-mêmes...
ONZE ANS depuis que La Sentinelle Ltd, demande une nouvelle licence de radio (avec six relances depuis...) dans un pays qui n'était en 2003 que 93e au monde en termes de licences radio, et dont la radio et la télévision restent toujours dominés par l'émetteur étatique.
DEUX ANS déjà sans réponse depuis la demande de BLUP, référence : BLP3-MDC-2023-1685 ; le système de référence, admirable de sérieux, semblant marcher bien mieux, que l'émission du permis lui-même...
Ces quelques exemples, au hasard de la mémoire et délimité par l'expérience personnelle, ne sont sûrement pas des cas isolés! Ils sont, a priori, des exemples soit d'excès de zèle, d'incompétence, de paresse, ou pire, mais en tout cas, de telles situations aident à saper le développement et handicapent ou bloquent des projets qui, en circonstance normale, devraient aller de l'avant en temps utile. Ou susciter des réponses, même négatives qui, quand elles sont motivées, auraient au moins l'avantage de dessiner des pistes plus réalisables...
L'express va essayer de révéler l'étendue du problème pour, graduellement, pousser à un changement de mentalité et de culture, constitué de plus de réactivité et d'esprit positif. L'idée est de promouvoir une meilleure productivité nationale, seule garante véritable de nos lendemains meilleurs.
Pour cela, nous créerons un spot sur L'express. mu où tout citoyen se sentant victime d'une bureaucratie incompréhensible ou d'une léthargie coupable, pourra, avec ses propres mots, mais sujets à modération, parler de cas dont il a connaissance personnelle et, idéalement «Name and Shame» vers une réponse, ou une décision dûment motivée ! Nous ne visons en aucun cas le seul secteur public, le secteur privé - a priori plus réactif à cause de sa motivation pour du profit - ne jetant pas toujours sa part aux chiens.
Cette idée, c'est la deuxième fois que je la tente. La première fois, c'était il y a environ quarante ans, à travers la JEC de Maurice Paturau, à qui j'avais proposé que le secteur privé considère de centraliser toutes les instances de retards bureaucratiques «incompréhensibles», afin de les dénoncer, utilisant PROSI ou L'Express pour diffuser le problème. Paturau avait trouvé l'idée valable et s'était promis de consulter son conseil d'administration.
Il me convoqua quelques semaines plus tard pour m'annoncer que l'idée avait été rejetée, jugée trop «agressive». Le secteur privé avait sans doute alors d'autres moyens de persuasion à sa disposition ? Espérons que l'attitude a changé, sinon nous resterons, au minimum, sous les fourches caudines des «contributions aux partis» (une réforme capitale, toujours en attente) et nous n'échapperons pas à la culture ambiante qui punit délibérément ceux qui ne s'alignent pas de manière vénale avec le gouvernement du jour, ou qui favorise le laisser-aller et le fout-pas-malisme qui fait tant de mal à notre compétitivité nationale.
Pour un vrai changement, il nous faudra fatalement virer vers des pratiques d'excellence, d'intégrité et d'efficacité, faute de quoi nous rejoindrions, pour sûr, les «shithole countries». Car, au-delà de nos réalisations certaines, nous aurons tout simplement CHOISI de... rater une partie de nos chances plutôt que de les concrétiser ! Le temps est bien trop précieux pour continuer dans l'approximatif et le non professionnel...
Être insignifiant et exceptionnel à la fois... C'est à cette réflexion que Sir David Attenborough, 99 ans cette année, nous invite dans le sillage du regard neuf que nous propose le voyage du télescope James Webb (*)
Lancé en 2021, le JWT est un télescope à infrarouge qui permettent de «voir» bien plus que ce que Hubble, qui ne voyait que la lumière visible, permettait jusqu'ici. Ayant coûté 10 milliards de dollars, ses instruments de précision et sa photographie de haute résolution permet de «voir» dans la profondeur du temps et de l'espace et de révéler une bonne partie de ce qui était jusqu'alors invisible.
Comprenons bien qu'avant le télescope on voyait la lune, quelques planètes et «des étoiles». Galileo Galilei fut le premier à observer les planètes de Jupiter et à noter que Venus avait des phases, ce qui confirmait les thèses héliocentriques de Copernic. La «vérité» était que nous n'étions plus, enfin, le «centre» du monde. Il nous a fallu 400 ans de plus pour arriver à l'œil du JWT qui transforme la perspective de notre place au sein de l'univers. C'est confirmé : nous sommes absolument dérisoires au niveau cosmique, que nous ne pourrons d'ailleurs jamais voir entièrement et dont nous verrons, de toute façon, de moins en moins au fil du temps...
L'univers est «astronomiquement» plus grand et plus grandiose que ce que nous n'avons jamais imaginé jusqu'ici ! Les dimensions et les quantités sont désormais au-delà de nos imaginaires et de notre compréhension conventionnelle ! Les commanditaires du JWT l'ont d'ailleurs démontré en l'ayant pointé vers un petit coin de l'espace qui était jusqu'ici considéré comme «vide».
Cette région, pas plus grande qu'un grain de sable tenu à bout de bras, avait révélé 10 000 galaxies au regard de Hubble. Le JWT, collectant chaque photon et longueur d'onde continuellement pendant 250 heures constatait, lui, 797 942 galaxies, chaque galaxie étant une collection de milliards d'étoiles et chaque étoile abritant potentiellement des planètes! Hubble avait raté 98% de ce qui s'y trouvait!
Constat : la « réalité' »est toujours plus importante que ce que nos outils actuels permettent de voir... Quand vous améliorez vos outils, la réalité explose en complexité ! Si ce «petit grain de sable» sans «rien» peut être extrapolé, l'univers contiendrait jusqu'à 2 trillions de galaxies ! Si les autres 99 % du cosmos sont plus denses, il y aurait jusqu'à 100 trillions de galaxies différentes... JWT a aussi découvert des galaxies «impossibles». Nos théories devront être réécrites. D'autant que l'univers s'étire et s'étend plus rapidement que la vitesse de la lumière...
Quant à nous, humains, nous vivons sur une petite planète virevoltant autour d'une seule étoile, le soleil, dans une seule petite galaxie... «We are small in a way that cannot be fixed !» souligne Attenborough. Les minutes 7 à 13 de la vidéo indiquée ci-dessous étant particulièrement écrasantes...
Mais, nous sommes aussi précieux, puisque l'univers révèle combien nous sommes rares ! Car nous ne sommes pas seulement vivants, mais conscients... Enfin, jusqu'à un certain point ! Quand le but de la vie semble être d'accumuler richesses et pouvoirs au point ou les multimilliardaires de notre planète méritent d'être encore plus protégés des taxes qui assurent pourtant le bien commun, comme chez Trump, on peut vraiment se questionner sur le genre de conscience dont nous sommes dépositaires!
Quand on accumule, au point où l'on ressent le besoin, comme Zuckerberg (Facebook), de construire un bunker sous terre à Hawaï ou comme Thiel (PayPal), en Nouvelle-Zélande, il y a de quoi s'interroger : vivre en bunker peut-il vraiment être le couronnement d'une vie ? Fuir vers Mars n'est pas mieux... Non plus se faire protéger par des armées de gardes du corps, au point d'être incapables de faire son marché ou de voir les régates de Mahébourg avec «les autres» ?
Quand on pollue la planète pour se faire des sous, quand on entasse des armes nucléaires, quand on recommence à penser en termes d'empires reconstitués et de conquêtes plutôt que de partage et de paix, comment justifier cet «essai» de conscience qui nous a mis sur terre, dans ce grand «vide» sidéral ?
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