À dix contre onze pendant plus d'1h30 de jeu, les Maliens ont réalisé une grande performance face aux Tunisiens, samedi 3 janvier, en huitièmes de finale de la CAN. Solidaires et déterminés, ils ont arraché l'égalisation dans les dernières secondes avant de renverser leurs adversaires aux tirs au but. C'est une équipe du Mali euphorique qui a quitté la pelouse, en attendant de défier le Sénégal en quarts.
Seydou Keïta a eu du mal à cacher son émotion. L'ancienne légende de la sélection malienne était aux anges, tard samedi soir, quelques minutes après la fin en apothéose du huitième de finale de la CAN 2025 remporté par le Mali contre la Tunisie (1-1, 3 tirs au but à 2). « C'est extraordinaire. Jouer pendant 1h30 comme ça ? Je pense que les joueurs ont été fantastiques, courageux. Ils se sont battus comme de vrais gaillards », a confié l'ex-joueur du FC Barcelone.
Quand Seydou Keïta dit « comme ça », il fait référence à l'équipe du Mali qui a joué à dix contre onze à compter de la 26e minute et à l'expulsion directe de Woyo Coulibaly. Un gros coup dur qui n'a pourtant pas profité à la Tunisie, incapable de prendre le dessus sur une sélection malienne transfigurée.
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Pour tenir le coup et maintenir l'équilibre dans une équipe réorganisée en 4-4-1, il a fallu bricoler avec les moyens en présence : Lassina Coulibaly est passé flanc droit, Nene Dorgelès à gauche, et le capitaine Yves Bissouma, pas épargné par les blessures ces derniers temps, a joué l'intégralité de la rencontre. « Ils ont été fantastiques. Comme entraîneur, tu ne peux qu'être heureux et fier de travailler avec une équipe comme ça », a loué le sélectionneur Tom Saintfiet.
« Une joue immense pour le peuple malien »
Le technicien belge n'a pas été avare en compliments à l'égard des Aigles. « Avant le match, je disais déjà à mes joueurs qu'ils étaient mes héros. Après le match, je n'ai pas d'autre mot », a-t-il glissé. Jamais le Mali n'a flanché, même quand la Tunisie a ouvert le score à la 88e minute. Un avantage de courte durée seulement face à ces Maliens aussi bien habités par la « fierté » que l'« humilité », comme l'a rappelé leur buteur Sinayoko.
« On a montré que même à dix, ça allait être compliqué, qu'on allait se tuer pour notre pays, pour que tous les Maliens soient fiers de nous », a poursuivi Lassine Sinayoko, l'homme qui a égalisé pour le Mali d'un penalty plein de sang-froid au bout du temps additionnel. Niveau motivation, le Mali était imprenable samedi : « Tout le monde se tue pour le pays. En jouant comme ça, on ne peut qu'aller loin. »
« Nous avons montré que nous sommes une famille unie », a renchéri Hamari Traoré. « On s'est donné corps et âmes » et « le peuple peut être fier de ce que l'équipe a montré », selon le défenseur. Seydou Keïta aussi a eu une pensée pour tous les Maliens et Maliennes qui ont vibré pour leurs Aigles : « Une joie immense comme ça, pour le peuple malien, sera une bouffée d'oxygène et une fierté. (...) Cette victoire montre que le peuple malien se bat et se battra toujours, toujours, toujours. »
Travail et repos avant de défier les Lions du Sénégal
Maintenant, place au Sénégal en quarts de finale. Le match aura lieu à Tanger, le 9 janvier. « C'est une des meilleures équipes.... comme nous. Il va falloir être confiants et élever notre niveau de jeu encore plus, parce que ça va être encore plus dur que contre la Tunisie », a prévenu Lassine Sinayoko. Le joueur d'Auxerre a tenu aussi à avoir une pensée pour les détracteurs du Mali : « Avant, on nous critiquait parce qu'on jouait bien et on ne gagnait pas. Le plus important, on l'a compris : c'est de gagner. »
Pour Hamari Traoré, les Sénégalais « sont favoris ». Le Mali doit donc se concentrer avant tout sur lui-même : « Il faut bien se préparer, bien récupérer car il y a eu beaucoup de fatigue, de débauche d'énergie. » Comme un mantra, il répète que les joueurs doivent « rester unis ».
Gaoussou Diakité, qui a marqué l'avant-dernier tir au but malien avant celui de la qualification signé El Bilal Touré, a lui annoncé que le quart de finale à venir « ne va pas être facile ». Un avertissement qui vaut autant pour les Aigles que pour les Lions. Certains Aigles de Carthage, éjectés de cette CAN au Maroc, peuvent en témoigner.