Au Sénégal, les autorités s'inquiètent de voir que des enseignants-chercheurs sénégalais sont recrutés par des universités publiques de la Guinée. Dans une circulaire, le ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation demande aux recteurs des universités des explications et, si nécessaire, des sanctions. Une « fuite de cerveaux » qui fait débat chez les universitaires au Sénégal depuis le début de cette année.
Ils sont 59 enseignants chercheurs à déserter les universités du Sénégal pour aller travailler en Guinée. Dans sa circulaire, le ministre de l'Enseignement supérieur parle « d'enrôlement dans la fonction publique d'un autre pays », ce que les textes sénégalais en vigueur interdisent, selon la note.
Fuite de cerveaux ou simple quête de meilleures conditions de travail ?
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Le professeur Mor Gassama, économiste et enseignant à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, estime que cette propension à aller travailler ailleurs n'est pas nouvelle. Il s'agit d'une « recherche permanente de meilleures conditions de vie » et cela ne concerne pas seulement les enseignants. Il préconise l'amélioration de l'accompagnement fourni par l'État sénégalais aux universitaires pour leur permettre d'être plus performants.
Le syndicat autonome des enseignants du supérieur, principal regroupement des enseignants sénégalais, doit réagir dans les prochains jours. Un de ses membres explique que plusieurs points seront abordés, en fin de semaine, dont le non-paiement du salaire des enseignants.