Alors que beaucoup ont entamé la nouvelle année entourés de leurs proches dans la chaleur des retrouvailles et le bruit des célébrations, les hôpitaux du pays n'ont, eux, jamais cessé de fonctionner. Business as usual. En ce début d'année, les couloirs des services hospitaliers restent animés, les salles d'urgence sous vigilance constante et le personnel soignant pleinement mobilisé.
Comme chaque année, les équipes médicales ont fait en sorte de donner un release à certains patients afin qu'ils puissent passer la période festive en famille. Mais pour ceux qui demeurent hospitalisés, médecins, infirmiers et aides-soignants continuent d'assurer une présence rassurante, attentifs aux moindres besoins. Derrière les sourires professionnels et les gestes précis se cache toutefois une réalité moins visible : travailler pendant les fêtes n'est jamais facile. Comme tout un chacun, ces professionnels auraient, eux aussi, souhaité partager ces moments avec leurs proches.
Pour le Dr Vinesh Sewsurn, président de la Medical and Health Officers Association (MHOA) et de la Federation of Civil Service and Other Unions, la situation actuelle du secteur de la santé mérite d'être clairement posée. «À présent, le secteur fait face à un manque de personnel. Ceux qui sont présents doivent faire des heures supplémentaires pour assurer un système continu 24/7», explique-til. Une charge qui repose largement sur le volontariat. «Ce n'est pas imposé. Cela dépend de la personne, si elle se sent capable de rester, si elle n'est pas trop fatiguée et si elle a l'endurance nécessaire pour rempiler, de jour comme de nuit.»
Le président de la MHOA reconnaît toutefois qu'une difficulté pourrait surgir si les slots déjà vacants devaient être remplacés. «Là, il se peut que l'on rencontre quelques soucis. Mais cela n'empêche pas que le travail sera fait. Le service sera assuré.» Une assurance qui ne masque pas l'intensité de la charge de travail durant la période festive.
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En effet, selon le Dr Sewsurn, ces moments sont souvent synonymes d'une hausse de certaines admissions. «Pendant les fêtes, on observe des patients admis pour divers problèmes : accidents, complications cardiovasculaires, cas liés à une consommation excessive d'alcool. Sans oublier les brûlures causées par les feux d'artifice et les pétards.» Malgré cela, insiste-t-il, le personnel soignant reste fidèle à sa mission : garantir la continuité des soins.
Il précise : «Il est important de se rendre à l'hôpital pour des cas réellement urgents. Pour des soucis mineurs comme une grippe, les dispensaires sont restés opérationnels jusqu'à 21 heures et les Area Health Centres l'ont été jusqu'à midi le 2 janvier.» Du côté des autorités, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, se dit solidaire du personnel soignant. «C'est vrai, c'est business as usual. Le travail doit se faire. Mais il ne faut pas écarter le fait que certaines admissions pourraient être dues à un manque de précaution ou à de l'imprudence. Et il y aura aussi des accouchements pendant cette période festive.» Il précise que des consignes claires ont été données aux Health Directors, superintendents et directeurs d'hôpitaux pour que les équipes restent en alerte.
«Nous leur disons merci»
Reconnaissant le caractère essentiel de ce service, le ministre admet que le personnel ne pourra pas réellement profiter des festivités. «Malheureusement, ils devront célébrer within limits. C'est ainsi.»
Mais il tient à saluer leur engagement. «Quand tout le monde est à la fête, eux sont au travail. Pour cela, nous leur disons merci. Mon souhait est qu'il n'y ait pas de calamité ni d'événements qui nuiraient au pays.» Dans l'ombre des célébrations, les hôpitaux répondent présents. Et derrière chaque garde, chaque nuit sans fête se trouve un personnel soignant qui, discrètement, veille.