La Confédération des Etats du Sahel (AES) a franchi une étape historique dans la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace sahélien avec le lancement des documents d'identité dont une carte biométrique et un passeport.
L'image est forte et symbolique. En recevant sa Carte d'identité biométrique-AES (CIB-AES), le lundi 1er décembre 2025, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement lancé la mise en circulation de ce précieux document au Burkina Faso. Cette initiative, actée lors du sommet des chefs d'Etat de l'AES en décembre 2024, concrétise l'ambition du Mali, du Niger et du Burkina de forger un destin commun basé sur la souveraineté et la modernisation administrative.
Produite par l'Office national d'identification (ONI), la CIB-AES est conçue en polycarbonate et dotée de dispositifs de sécurité de pointe pour servir de rempart contre la falsification. Accessible dès l'âge de 5 ans et obligatoire à partir de 13 ans, elle affiche une validité de 10 ans pour un coût de 3 500 F CFA. Une innovation majeure accompagne ce dispositif. Il s'agit de l'instauration d'une « carte temporaire d'identité ». Elle s'adresse aux citoyens en âge d'obtenir la CIB-AES mais, ne disposant pas encore de toutes les pièces requises, garantissant ainsi qu'aucun Burkinabè ne reste en marge du système d'identification.
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Ce déploiement complète celui du passeport de la Confédération dont la mise en circulation a débuté le 29 janvier 2025. Comme l'avait souligné le Directeur général de l'ONI, Arzouma Daouda Parfait Louré, ce document répond aux exigences de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Reconnaissable à la mention « Confédération de l'Alliance des Etats du Sahel » surplombant les Armoiries nationales, ce passeport se décline en trois couleurs : vert (ordinaire), bleu (service) et rouge (diplomatique).
Equipé d'une puce électronique et d'une page de données en polycarbonate, il garantit une durabilité et une fluidité de passage aux frontières grâce à sa lecture automatique. Au-delà de l'aspect administratif, ces documents constituent des outils stratégiques de lutte contre le terrorisme.
L'interopérabilité des systèmes entre les trois Etats membres permet un contrôle accru et une meilleure gestion des flux migratoires. Alors que la production en masse de la CIB-AES débutera en janvier 2026, l'ONI a rassuré que les anciens passeports restent valides jusqu'à leur date d'expiration. Avec ces réformes, l'AES ne se contente plus de coopérer militairement ; elle construit, pièce par pièce, l'identité d'une région résolument tournée vers son autonomie.