Le projet D-REV, dans le nord de Madagascar, utilise l'énergie solaire pour créer des hubs de services qui stimulent l'économie locale et favorisent l'autonomisation des femmes et des jeunes.
Dans la région Diana, au nord de Madagascar, le développement des énergies villageoises prend une dimension nouvelle. Au-delà de l'électrification des foyers, les projets en cours misent désormais sur la création de hubs de services au cœur des villages, conçus comme de véritables centres névralgiques du développement local. Une approche intégrée qui transforme l'accès à l'énergie en moteur économique et social.
Selon les statistiques, 65 % de la population vit en zone rurale avec un taux d'accès à l'électricité inférieur à 10 %. Cette situation limite drastiquement les opportunités économiques.
La transformation des produits agricoles tels que le cacao, la vanille ou le riz se fait majoritairement en milieu urbain, tandis que les services de proximité soudure, menuiserie, conservation à froid restent rares, coûteux ou dépendants de groupes électrogènes coûteux et polluants...
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Face à ce constat, un projet baptisé D-REV, ou Développement de Réseaux d'Énergies Villageoises, a vu le jour dans des communes rurales des districts d'Ambilobe et d'Ambanja.
Ce programme, porté par l'ONG Experts-Solidaires, en partenariat avec la Jeune Chambre Internationale d'Antsiranana (JCI), l'entreprise sociale Vahatra Center et la société Manofy, mise sur l'énergie solaire pour enclencher une dynamique économique durable des communes d'intervention. Mais l'ambition dépasse la simple électrification. Il ne s'agit pas seulement d'installer des panneaux solaires, mais de créer de véritables centres communaux polyvalents.
Des femmes et des jeunes en première ligne
Chaque REV propose une énergie propre et stable, un pôle entrepreneurial combinant des espaces équipés pour accueillir des artisans (soudeurs, menuisiers) et des équipements de conservation à froid pour les produits agricoles, ainsi qu'un espace numérique et social permettant aux villageois de bénéficier d'un lieu d'accès à l'information et à la formation afin de réduire la fracture digitale en milieu rural.
Le projet cible spécifiquement les groupes les plus vulnérables. Plus qu'une simple infrastructure technique, il propose un modèle de gestion communautaire innovant pour dynamiser l'économie locale et favoriser l'émancipation des femmes et des jeunes. À Antranokarany-Ambanja, l'atelier de couture de Noeline et de sa collègue redonne vie à un métier essentiel pour le village.
« Grâce à l'électricité fournie par le hub de services du village, nous travaillons désormais avec des machines à coudre électriques, plus rapides, plus précises et moins fatigantes. Avant, tout se faisait manuellement. Aujourd'hui, nous pouvons produire davantage et vendre au marché local. Les femmes peuvent désormais créer des activités durables sans quitter leur village », souligne-t-elle.
À terme, l'initiateur du projet ambitionne de répliquer ce modèle à l'échelle régionale, voire nationale, avec l'objectif de déployer entre trente et cinquante réseaux villageois d'ici dix ans.