Sénégal: Recrutement d'enseignants-chercheurs hors du pays - La tutelle demande aux recteurs 'plus d'informations'

Dakar — Le ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation a demandé aux recteurs des universités publiques de vérifier les informations selon lesquelles des enseignants-chercheurs sénégalais seraient recrutés par un pays de la sous région, selon un communiqué rendu public lundi.

"Le ministère appelle les recteurs et chefs d'établissements à veiller au respect scrupuleux de la réglementation en matière d'administration et de gestion des personnels enseignants et de recherche et à prévenir les cumuls d'emplois irréguliers, conformément aux lois et règlements de la République", renseigne le texte.

Des informations diffusées par les médias et les réseaux sociaux font état depuis quelques jours du recrutement d'enseignants-chercheurs sénégalais dans un pays de la sous-région.

"Un enseignant-chercheur sénégalais ne saurait être engagé par un contrat de travail dans la fonction publique d'un autre pays, hormis les mécanismes de coopération dûment ratifiés et la délivrance de fonctions de services prévue par nos lois et règlements en vigueur", précise la même source.

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Concernant les cas d'enseignants-chercheurs en activité dans les universités publiques, la tutelle tient à rappeler que la loi n° 61-33 du 15 juin 1961 relative au statut général des fonctionnaires, modifiée, consacre, en son article 9, le principe de l'exclusivité de l'emploi dans la fonction publique et prévoit de façon limitative les modalités de cumul".

De manière plus spécifique, ajoute le communiqué, l'article 11 de la loi n° 81-59 du 9 novembre 1981 portant statut du personnel enseignant des universités régit les modalités d'utilisation hors cadre des agents concernés.

"Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation tient à apporter des précisions sur le caractère équivoque d'éventuels engagements de cette nature au regard de la réglementation qui régit les universités publiques", relève le texte.

Ce recrutement, insiste le document, a "fait l'objet d'un traitement informationnel divers dans l'opinion publique, conduisant certains médias à le percevoir comme une perte d'attractivité du système éducatif sénégalais, une +fuite des cerveaux+, ou même une dévalorisation de l'université sénégalaise".

"La mobilité des enseignants-chercheurs ne pose, en principe, pas de problème et a toujours existé dans un cadre légal bien déterminé", rappellent les autorités académiques.

Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation tient à préciser que les universités publiques sénégalaises font partie "des plus attractives de la sous-région".

Elles (les universités) se distinguent par la qualité de leur milieu académique et la valorisation constante des rémunérations, considérées comme étant l'une des plus élevées dans l'espace francophone d'Afrique subsaharienne, poursuit la source.

"De nombreux universitaires provenant d'Afrique et d'Europe ont choisi d'y travailler, ce qui démontre leur attrait et consolide constamment la qualité de leurs ressources humaines", a-t-elle ajouté.

Pour les autorités universitaires, "ceci dénote le sens de la coopération et l'esprit d'ouverture au monde de l'Université sénégalaise que l'Etat compte consolider, notamment dans le cadre de l'intégration africaine".

C'est dans ce cadre que les gouvernements du Sénégal et de la Guinée ont signé à Conakry, le 23 mai 2025, un protocole d'accord sur la coopération universitaire et scientifique, qui prévoit la mobilité des enseignants et des étudiants, rappelle le texte.

Les modalités de mise en œuvre dudit protocole seront discutées et rendues publiques en temps opportun dans le cadre d'un comité de suivi qui sera institué, rassure le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

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