Le calme apparent qui régnait hier au shelter de Cap-Malheureux tranchait avec les tensions survenues dans la nuit du 2 au 3 janvier. Contrairement aux premières informations ayant circulé, aucun individu extérieur ne s'est introduit dans l'enceinte du centre. Les faits relèvent exclusivement d'un incident interne impliquant certains adolescents hébergés sur place.
Selon les recoupements d'informations, tout a commencé lorsque des membres du personnel ont surpris plusieurs jeunes en possession de bière. L'alcool aurait été acheté après le vol de Rs 1 500 dans le sac d'une carer, un fait confirmé par les autorités.
Face à cette situation, les adolescents concernés ont été encadrés par le personnel et reconduits dans leur chambre. Il leur a été demandé de se calmer, de regarder la télévision et de se préparer à passer la nuit.
Cependant, le retour au calme n'a été que de courte durée. Toujours dans la chambre, les adolescents auraient poursuivi leurs activités en jouant au football à l'intérieur, en dépit des consignes données.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
C'est dans ce contexte qu'un incident s'est produit. Une carer, tentant d'intervenir, aurait reçu un coup de ballon au pied. Blessée au niveau des orteils, elle a dû être prise en charge à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam National, Pamplemousses, où des soins lui ont été prodigués. Un arrêt de travail de trois jours lui a été accordé.
Aucune effraction ni escalade de mur ni entrée par une fenêtre n'a été constatée, contrairement à ce qui avait été initialement évoqué. Les tensions observées cette nuit-là sont donc liées à des difficultés de gestion interne, dans un contexte déjà fragile marqué par des comportements récurrents de certains pensionnaires.
Contacté, le ministère de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille confirme être au fait de la situation. Le ministère indique que le vol d'argent ainsi que l'achat de bière et de cigarettes ont bien été établis. Il précise également qu'un ordre de la cour est attendu concernant quatre adolescents identifiés comme particulièrement turbulents.
À la suite d'incidents antérieurs, notamment survenus durant la période de Noël, des mesures avaient déjà été renforcées en collaboration avec le National Children's Council, incluant une présence policière permanente au shelter de Cap-Malheureux et des démarches pour un éventuel transfert vers un probation hostel. Sur le terrain, le personnel reste mobilisé pour assurer la continuité de l'encadrement, dans un climat où la pression demeure forte.