Dakar — Le marché d'acquisition des véhicules pour les députés de la 15e législature s'est déroulé dans les règles de l'art et le respect de toutes les démarches appropriées, a assuré, lundi, le président de l'Assemblée nationale, Malick Ndiaye.
"Tout s'est déroulé dans les règles de l'art. On a suivi toutes les voies légales. Le dossier est passé à la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et tous les actes posés ont été datés", a-t-il déclaré.
Il a notamment précisé que soixante-seize véhicules sont réceptionnés en attendant un prochain lot, affirmant "assumer entièrement la décision de doter les députés de moyens de déplacement pour accomplir efficacement leur mission".
Dimanche le député Thierno Alassane Sall (opposition) a invité le président de l'Assemblée nationale Malick Ndiaye à fournir des "explications" sur le marché des véhicules destinés aux parlementaires.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
"Le président de l'Assemblée nationale, si prompt aux sorties intempestives, reste pourtant très discret sur cette réalisation. Il nous doit des explications. A quel prix ces véhicules ont-ils été achetés? Auprès de quel fournisseur ? Selon quelle procédure?", a demandé le député.
S'exprimant à l'occasion de la cérémonie de présentation de voeux de nouvel an aux députés, Malick Ndiaye a soutenu que tout est vérifiable dans le cadre des démarches d'acquisition.
"Tout a été documenté [celui qui a gagné le marché, le montant, comment la procédure s'est passée] (...). On peut même faire un point de presse avec la commission des marchés pour éclairer la lanterne des Sénégalais", a dit le président de l'Assemblée nationale.
"On n'est pas allé à la présidence de la République, au ministère des Finances ou chez le Premier ministre pour demander de l'argent pour des véhicules", a t-il ajouté.
"Dans le cadre de la rationalisation et de la volonté de mettre les députés dans des conditions de travail, on a rassemblé leur indemnité", pour cette opération, a expliqué Malick Ndiaye.
Selon lui, les députés de la présente législature sont restés pendant "un an sans entrer en possession de leur indemnité de 900 000 FCFA".
Le président de l'Assemblée nationale a déclaré que ces véhicules constituent un outil nécessaire pour faire le travail parlementaire sur le terrain.
"Ce n'est pas du luxe ou quelque chose pour faire plaisir aux députés. C'est un outil de travail à l'image des tablettes, téléphones ou crédits donnés aux députés", a-t-il dit, soulignant ne pas comprendre que l'octroi de ces véhicules pour le travail parlementaire fasse autant de bruit. Il a fait savoir que le véhicule de fonction qu'il utilise actuellement appartient à la présidence de la République.
M. Ndiaye indique avoir utilisé le budget de 200 millions de FCFA trouvé dans les caisses de l'Assemblée nationale pour régulariser la situation des députés dont le mandat a été écourté par la dissolution de l'Assemblée à l'arrivée des nouvelles autorités.
Le président de l'Assemblée nationale suggère même, par ailleurs, des véhicules "robustes" pouvant permettre aux députés d'aller partout dans le pays pour faire "correctement leur travail parlementaire".
"Il faut des véhicules robustes (...) Ce qui est important pour moi, c'est d'avoir des véhicules pouvant aller partout sur le territoire national pour permettre [aux députés] de faire correctement (leur) travail", a-t-il déclaré, estimant que "la finalité est qu'à la fin de chaque année, on puisse dire qu'on a fait le travail pour lequel le peuple nous a mandaté".
Malick Ndiaye a aussi révélé que le budget de l'Assemblée nationale a été réduit de "300 millions FCFA pour éviter d'éventuelles polémiques", répondant ainsi à des allégations de "gabegie financière" à la présidence de l'Assemblée nationale.
"Le budget de l'Assemblée nationale a été réduit de 300 millions de FCFA parce que nous avons refusé une augmentation", a-t-il rappelé, ajoutant que "les gens auraient dit que c'est pour les véhicules qu'on a accepté une hausse du budget".