Afrique: CAN 2025 - Côte d'Ivoire-Burkina Faso ou le choc des «cousins» à Marrakech

Ce mardi 6 janvier à Marrakech, les Éléphants de Côte d'Ivoire affrontent les Étalons du Burkina Faso pour le dernier huitième de finale de la CAN 2025. Un derby de l'Afrique de l'Ouest entre deux pays frontaliers, liés par l'histoire, l'immigration et des joueurs binationaux.

Il y a quelques jours, Emerse Faé, sélectionneur de la Côte d'Ivoire, lâchait avant le duel contre les Lions indomptables :« Le Cameroun, c'est le frère ennemi, le rival préféré, la belle famille. » À la veille de Côte d'Ivoire-Burkina, on s'attendait à une touche plus intime de la part du champion d'Afrique pour qualifier la rencontre contre les Étalons. « Frères », « cousins », « voisins » auraient pu être utilisés à l'infini par Faé, car c'est tout un pan d'une histoire partagée, des liens du sang, des joueurs natifs de Côte d'Ivoire qui portent le maillot du Burkina, et vice-versa, qui va s'inviter sur le pré ce mardi.

« C'est un derby ! Tous les ingrédients sont réunis », a préféré poser tranquillement Faé en conférence de presse. « Et s'il y a un aspect dans un derby que vous n'avez pas besoin de relever, c'est l'état d'esprit, la motivation. Parce qu'automatiquement, tous les joueurs seront motivés, que ce soit les nôtres ou les leurs. »

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Côte d'Ivoire-Burkina sera un vrai derby, un match entre « cousins », entre deux pays très proches où les peuples se mélangent depuis des années. « Environ 3 millions » de Burkinabè vivent officiellement en Côte d'Ivoire, selon le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly. Les familles et les histoires s'entremêlent de part et d'autre de la frontière. Sur le terrain mardi, trois joueurs burkinabè nés en Côte d'Ivoire - Aziz Ki (Adjamé), Georgi Minoungou (Batiebly-Douibly) et Arsène Kouassi (Cocody) - et, côté ivoirien, un gardien né à Ouagadougou, Alban Lafont.

En conférence de presse, Arsène Kouassi, sans doute choisi pour la circonstance et le symbole, a mis des mots sur ce défi intime qui s'annonce pour lui :« Aujourd'hui, le plus important, c'est le choix que j'ai fait de représenter le Burkina et je ne regrette pas ce choix-là. Je vais tout donner pour que le Burkina soit fier de moi, même si j'ai quand même des liens forts avec la Côte d'Ivoire, j'ai de la famille là-bas, j'ai des amis là-bas, mais, je veux gagner ce match-là contre la Côte d'Ivoire. »

Avant la CAN, le défenseur burkinabè confiait à RFI sur un éventuel face-à-face avec son pays de naissance : « C'est le foot ! Je vais me dire que je défends les couleurs du Burkina. Et je vais jouer à fond. J'ai grandi en Côte d'Ivoire, j'ai ma famille là-bas. Mais ça, c'est secondaire. Le plus important, c'est de mouiller le maillot pour ma nation, le Burkina. Et pourquoi pas battre la Côte d'Ivoire ? Ce serait génial. »

Passage de témoin ?

Pour sa part, Brama Traoré, le sélectionneur du Burkina, est conscient de l'enjeu du match qui fait beaucoup parler de Bobo-Dioulasso à Abidjan, en passant par Korhogo et Yendéré.

« Il y aura de l'étincelle dans l'air, mais nous estimons que nous allons rester dans le cadre du football et qu'il y aura le fair-play, le respect mutuel parce que ce sont deux peuples qui se connaissent très bien, prie Traoré. La Côte d'Ivoire et le Burkina sont unis par l'histoire et la géographie. Nous pensons que ça ne restera qu'un match et des souvenirs. Après, nous souhaitons que les Éléphants nous passent le témoin. »

Le sélectionneur des Étalons n'oublie donc pas l'essentiel : cette envie de faire tomber l'équipe championne d'Afrique. Ironie de l'histoire, la dernière victoire burkinabè sur son voisin avait déjà eu pour cadre la ville de Marrakech. Le 19 novembre 2022, en match amical, les Étalons s'étaient imposés 2-1, grâce à Dango Ouattara et Bertrand Traoré, tandis qu'Ibrahim Sangaré avait marqué pour les Éléphants. Les trois joueurs seront encore au rendez-vous de la « cousinade » ce mardi à partir de 19h TU.

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