Afrique de l'Ouest: Le bourbier nigérian

La situation sécuritaire au Nigeria domine toujours l'actualité, avec la récurrence des attaques terroristes, ces dernières semaines. Le samedi 3 janvier dernier, un groupe armé a perpétré une attaque sur le marché Kasuwan Daji de l'Etat du Niger dans l'Ouest du Nigeria, avec au moins 30 morts selon des sources locales.

Plusieurs autres personnes ont été enlevées et des réserves alimentaires pillées à l'occasion. Autant dire que l'année 2026 commence mal au Nigeria, alors que celle précédente n'a été guère meilleure. En novembre 2025, un pic de violence a été particulièrement observé dans l'Etat du Niger.

Plusieurs vies y ont été fauchées. Environ 400 personnes ont été également enlevées. Plus de 300 élèves, qui figuraient dans le lot des individus pris en otage, ont été libérés, grâce aux efforts du gouvernement nigérian. Des rançons ont-elles été versées aux groupes armés ?

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Aucune information n'a circulé à cet effet. Dans l'Etat du Niger, les attaques terroristes se multiplient, au grand dam des autorités qui peinent à ramener la quiétude tant souhaitée. Tout comme ses prédécesseurs, Bola Tinubu, au pouvoir depuis 2023, n'arrive pas à vaincre le signe indien. S'il a promis de renforcer la sécurité nationale pour garantir la paix et la prospérité, le chef de l'Etat nigérian n'est toujours pas parvenu à faire véritablement bouger les lignes en matière de lutte contre l'insécurité.

Trois ans après, la situation sécuritaire ne donne pas des motifs de satisfaction. Pire, elle se dégrade dangereusement, surtout dans l'Ouest du pays. Malgré les discours et les sacrifices consentis pour renforcer les capacités opérationnelles des forces armées, les groupes armés, dont le plus redouté est Boko Haram, continuent de tuer, piller, saccager...Les pauvres populations paient malheureusement le lourd tribut, si elles ne sont pas condamnées à vivre constamment dans la hantise de lendemains incertains.

On se demande quand est-ce que tout cela va prendre fin. Il y a trop de questions, mais très peu de réponses. Des dizaines de milliers de cadavres ont déjà été laissés sur le carreau et plus de deux millions de déplacés enregistrés. Le Nigeria fait inéluctablement face à un gros défi sécuritaire, que ses dirigeants ont du mal à relever. L'Indice mondial du crime en donne la triste illustration, puisque le pays est classé 2e en Afrique et 6e au rang mondial en termes de criminalité.

Les groupes armés poursuivent leurs basses besognes comme si rien ne pouvait les arrêter. C'est à croire que les forces du mal imposent le tempo à l'armée nigériane, dont la détermination à lutter contre le terrorisme n'est pas à démentir. Que faire pour inverser véritablement la tendance, dans la mesure où les actions nuisibles des bandes armées sapent les efforts de développement du Nigeria ?

La charge repose pour le moment sur les épaules de Tinubu, qui va devoir fournir des sacrifices supplémentaires, s'il veut enrayer les menaces sécuritaires. Promettre de combattre l'insécurité c'est bien, mais encore faut-il trouver la stratégie qui aille et les moyens adéquats. Mesurant les enjeux plus que quiconque, Tinubu, qui entend solliciter un second mandat en 2027, sait à quoi s'en tenir.

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