Le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, a invité le 31 décembre en Conseil des ministres, le gouvernement à mettre en place, en concertation avec les collectivités concernées, une contribution citoyenne pour le ramassage des ordures, au côté du financement de l'Etat. Le but étant de faire en sorte que l'ensemble de la société congolaise puisse contribuer à l'amélioration du cadre de vie.
Le ministre de l'Assainissement urbain, du Développement local et de l'Entretien routier, Juste Désiré Mondelé, qui a fait la ronde de quelques marchés domaniaux de Brazzaville le 3 janvier, à l'occasion du premier samedi du mois, a annoncé la structuration des différentes taxes perçues dans ces endroits. « L'assainissement est l'affaire de tous. Il faut que tous les citoyens s'impliquent dans l'assainissement. Le Conseil des ministres n'a pas créé des taxes, mais a fait un constat. Ainsi, il a été décidé de structurer toutes ces taxes. Etant donné que les associations qui gèrent les marchés ont du mal à les nettoyer, nous allons faire en sorte qu'à partir du 1er février, qu'il n'y ait plus de tas d'immondices devant les marchés domaniaux », a averti Juste Désiré Mondelé.
Il a également attiré l'attention des pousse-pousseurs et autres collecteurs d'ordures qui transforment certaines artères en dépotoirs alors qu'ils perçoivent des sommes d'argent auprès des ménages. Le ministre a aussi insisté sur des taxes prélevées dans les marchés domaniaux pour l'entretien mais qui semblent servir à d'autres fins, citant à titre d'exemple, les marchés de Ouenzé, Total, Poto-Poto où est prélévée la taxe de 100 FCFA par jour sans dévoiler le montant collecté.
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« Ces marchés domaniaux ont leur propre gestion et gèrent librement leurs fonds, mais ils ont une taxe qui est liée à l'assainissement. La question est de voir comment structurer cette taxe, comment la digitaliser afin qu'elle puisse passer directement dans une structure bien organisée. Le but est de faire de telle sorte qu'il y ait des entreprises locales ou des associations qui s'occupent directement de l'assainissement », a expliqué le ministre Juste Désiré Mondelé, précisant que la société Albayrack n'a pas signé de contrats avec les marchés domaniaux.
Des contrevenants seront sévèrement sanctionnés
L'autre mesure consiste à répertorier, identifier les pré-collecteurs et les collecteurs d'ordures, à avoir une idée nette sur le montant payé par chaque ménage, afin d'encadrer cette activité. S'en suivront l'immatriculation et la répartition par bloc des ramasseurs d'ordures. Ces derniers sont ainsi priés de déposer les détritus dans les Aires de transit des ordures ménagères (ATOM).
« Nous ne voulons plus des pré-collecteurs et des collecteurs qui, lorsque l'opérateur passe à 6 heures, ils repassent plus tard sur les grandes artères et jettent les ordures. Il ne s'agit pas d'étouffer la population, mais de lui permettre de mieux respirer. Je réitère le fait qu'à partir du moment où on va répertorier, enregistrer et organiser les opérateurs, si un collecteur d'ordures est attrapé en flagrant délit, il fera les frais. Des dépotoirs qu'ils créent donnent l'impression que rien ne se fait au regard des tas d'immondices qui s'accumulent », a mis en garde le ministre.
La société Albayrack a un contrat avec les collectivités de Pointe-Noire et de Brazzaville, soutenu par l'État. La loi de finances exercice 2026 a prévu des mécanismes de financement du ramassage des ordures ménagères. Il s'agit, entre autres, du mécanisme de transfert de fonds. « Donc, au niveau de l'État, le problème de la ressource ne se pose pas. Il se pose désormais le problème des collectivités locales, des marchés domaniaux surtout, des magasins et boutiques, des restaurateurs, des hôteliers, des tenanciers de petits commerces. Ils ne peuvent pas déverser les ordures dans les caniveaux ou sur les artères. Je profite de cette occasion pour lancer un appel à l'endroit de la population pour qu'elle soit disponible. Nous devrons encadrer toutes ces opérations », a dit Juste Désiré Mondelé.
Le ministre et sa délégation se sont rendus au marché de Ouenzé, dans le 5e arrondissement, où les explications du comité du marché et du régisseur ne cadrent pas avec les plaintes des vendeurs au sujet des taxes payées. En effet, les commerçants accusent les services déconcentrés ainsi que la police du trop-perçu.