Ile Maurice: «Know Your Rights» - Un outil contre les abus envers les travailleurs migrants

Les travailleurs migrants sont un pilier indispensable de nombreux secteurs clés, notamment la construction, l'industrie manufacturière et l'hôtellerie. Leur contribution à l'économie nationale est indéniable. Pourtant, derrière cette réalité se cachent souvent des situations de vulnérabilité, d'abus et de méconnaissance des droits fondamentaux. C'est dans ce contexte que le guide Know Your Rights s'impose comme un outil essentiel de sensibilisation et de protection, en rappelant les droits, les devoirs et les mécanismes de recours dont disposent les travailleurs migrants.

Le guide, notamment disponible en ligne sur le site du ministère du Travail, met l'accent sur une étape déterminante, trop souvent négligée : la préparation avant l'arrivée à Maurice. Aucun travailleur migrant ne doit voyager ni prendre un travail sans un Work Permit ou un Certificate of Exemption, ainsi qu'un permis de résidence valide. Ces démarches relèvent exclusivement de la responsabilité de l'employeur, qui est tenu d'effectuer les procédures nécessaires auprès des autorités compétentes.

Le contrat de travail, pierre angulaire de la relation employeur-employé, doit être signé avant l'arrivée du travailleur et respecter scrupuleusement les lois du travail en vigueur. Le guide met en garde contre les promesses irréalistes, les agents de recrutement non agréés et toute demande de frais de recrutement. Ces pratiques sont strictement interdites par la loi, tous les coûts liés au recrutement devant être assumés par l'employeur.

Passeport et liberté de mouvement : Des droits fondamentaux

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L'une des règles les plus fermement rappelées concerne la confiscation des documents personnels. Le passeport et le permis de travail doivent rester en permanence en possession du travailleur migrant. Leur rétention par un employeur constitue une pratique illégale et peut être assimilée à un indicateur de traite d'êtres humains.

Par ailleurs, le permis de travail autorise le salarié à exercer uniquement pour l'employeur mentionné. Tout changement d'employeur doit faire l'objet d'une nouvelle demande officielle, accompagnée d'une lettre de non-objection. Travailler en dehors de ce cadre légal expose le travailleur à de lourdes sanctions.

En matière de rémunération, Know Your Rights rappelle que les travailleurs migrants bénéficient des mêmes droits que les citoyens mauriciens. Le salaire minimum national, fixé à Rs 17 110 par mois depuis janvier 2025, constitue un seuil légal non négociable. Les employeurs sont également tenus de fournir une fiche de paie détaillant clairement les salaires versés et les éventuelles déductions.

Les heures supplémentaires doivent être rémunérées conformément à la loi. Aucune déduction ne peut être opérée pour les uniformes, les équipements de sécurité ou les outils de travail. En cas de dépassement de deux heures supplémentaires, un repas gratuit ou une allocation repas doit être accordé.

Tolérance zéro face aux abus et à la traite humaine

Le guide souligne aussi les responsabilités de l'employeur en matière de logement. Les travailleurs migrants doivent être hébergés dans des structures disposant d'un Lodging Accommodation Permit valide, garantissant des conditions de vie décentes : lits individuels, installations sanitaires propres, équipements de cuisine adéquats, sécurité incendie et accès aux soins.

En cas de maladie ou d'accident, l'employeur est tenu d'assurer le transport vers un établissement de santé et de prendre en charge les soins nécessaires. La sécurité et la santé au travail figurent également parmi les priorités, avec la fourniture d'équipements de protection et une obligation de prévention des risques.

Le guide adopte une position sans équivoque contre toute forme de violence, de harcèlement ou de discrimination. Menaces, insultes, intimidation, harcèlement sexuel ou exploitation seront sévèrement sanctionnés par la loi. Des mécanismes de plainte sont clairement identifiés, notamment via la Special Migrant Workers' Unit, la police ou l'Equal Opportunities Commission.

Enfin, une section entière est consacrée à la lutte contre la traite d'êtres humains, en détaillant les signaux d'alerte tels que la confiscation de documents, les restrictions de liberté ou les promesses mensongères. La législation mauricienne criminalise ces pratiques, tout en prévoyant des mesures de protection pour les victimes.

Au-delà du cadre juridique, Know Your Rights se veut un véritable outil d'autonomisation. En informant les travailleurs migrants de leurs droits et des recours disponibles, il contribue à rééquilibrer une relation, souvent marquée par la peur et l'asymétrie, et rappelle que le développement économique ne peut se faire au détriment de la dignité humaine.

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