Cameroun: Yaoundé étouffe sous les ordures et les nids-de-poule

7 Janvier 2026

À Yaoundé, le constat est accablant. Tandis que le président Paul Biya entame un nouveau mandat de sept ans, la capitale camerounaise lutte contre un déclin infrastructurel qui met à mal son statut. La route reliant Biyem-Assi à Etoug-Ebe est devenue le symbole criant de cette négligence, avalée par un immense nid-de-poule et un amas grandissant d'ordures en décomposition.

Ces conditions insalubres, propices aux épidémies, sont malheureusement la norme dans une ville saturée. Conçue pour une population bien moindre dans les années 1930, Yaoundé a vu sa démographie exploser sans planification adéquate. Le résultat est une capitale surpeuplée, sous-développée et mal connectée, où la gestion des déchets et l'entretien des voies semblent être un défi insurmontable.

Cette situation crée un contraste saisissant avec les ambitions affichées. D'importants projets, comme le « Yaoundé Cœur de Ville » et le futur Bus Rapid Transit (BRT), sont discutés avec des partenaires comme l'Agence Française de Développement.

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Parallèlement, la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars pour des infrastructures urbaines résilientes au climat dans les villes camerounaises. Pourtant, sur le terrain, ces annonces peinent à se traduire par des améliorations concrètes et quotidiennes pour les habitants.

L'écart est encore plus frappant lorsqu'on regarde au-delà des frontières. La Guinée équatoriale, vient d'inaugurer Ciudad de la Paz comme nouvelle capitale moderne, bâtie ex nihilo pour désengorger l'ancienne et mieux répartir les services. Ce projet, financé par la manne pétrolière, démontre une volonté politique de repenser l'urbanisme à long terme.

À l'inverse, Yaoundé semble prisonnière d'un immobilisme qui reflète un style de gouvernance distant. L'analyse de la BBC décrit un président Biya largement absent, laissant une incertitude sur la vision et la direction politique du pays, tout en maintenant un système complexe d'équilibres régionaux. Dans ce contexte, les défis de la capitale, bien que reconnus, ne semblent pas constituer une urgence absolue.

Cette négligence a un coût, au-delà du simple inconvénient. Elle affecte la santé publique, entrave l'activité économique et ternit l'image internationale du pays, déjà sous surveillance financière accrue pour des faiblesses dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Alors que les projecteurs sont braqués sur la longévité politique, une question essentielle demeure : une capitale peut-elle être le miroir fidèle de l'état d'une nation et de la priorité que ses dirigeants accordent au bien-être quotidien de leurs citoyens ?

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