Les Sénégalais visitant le Maroc ne cachent pas leur fierté de l'intégration et de la reconnaissance dont bénéficient leurs compatriotes au royaume chérifien. De Casablanca à Rabat, de Fès à Tanger, de nombreux Sénégalais, dont Samba Ndour et Mohamed Diaw, ont entrepris de s'installer durablement au Maroc. Dans l'espoir d'y gagner convenablement leur vie.
Chefchaouen, une magnifique citée située dans le nord-ouest du Maroc et surnommée la Ville bleue du Rif, est l'une des nombreuses destinations des Sénégalais désireux de vivre et de s'épanouir dans ce pays d'Afrique du Nord. La réputation de MM. Ndour et Diaw s'y est construite lentement mais solidement. Par le bouche-à-oreille. À Chefchaouen, ils sont connus pour leur sérieux. Les deux ressortissants sénégalais partagent une volonté commune : gagner convenablement leur pain.
Ils n'ont pas le même tempérament. Ils exercent leurs activités dans des secteurs différents. Mais à Chefchaouen, Samba Ndour et Mohamed Diaw incarnent deux formes complémentaires du migrant sénégalais. Le premier se montre discret et méthodique. Le second se veut extraverti, une exigence certainement de son secteur d'activité, le commerce.
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Samba Ndour est un voiturier. Il exerce ce métier dans un parking du centre-ville de Chefchaouen. Mohamed Diaw, lui, vend des vêtements issus de l'artisanat africain.
Dans le parking où se déroulent ses activités, loin de l'agitation de la ville, M. Ndour passe ses journées à garer des voitures et à les sortir. Sur la place Outa el-Hamma, dans la kasbah de la ville et près d'une grande mosquée, M. Diaw installe chaque matin son stand. Les deux ressortissants sénégalais ont quasiment le même âge et sont arrivés presque simultanément à Chefchaouen.
Originaire de Rufisque, dans la région de Dakar, Samba Ndour, la trentaine révolue, est naturellement timide et réservé. Mohamed, lui, va spontanément vers les autres. "Je suis arrivé ici à la fin de 2022. Auparavant, j'étais à Casablanca, où je travaillais comme chauffeur. Je ne sais faire que ça. Je gare les voitures et les sort. Tous les jours. C'est ainsi que je gagne ma vie", confie le Rufisquois d'origine, dans un calme saisissant.
Mohamed Diaw est arrivé à Chefchaouen après avoir exercé le métier de tailleur au Sénégal, puis à Marrakech et à Kénitra, deux villes marocaines.
"Si vous vous comportez bien avec les gens, ils vous le rendent bien"
"Je suis ici depuis quatre ans", raconte Mohamed Diaw, né à Thiaroye, dans la région de Dakar. Il se retourne pour entamer une discussion, dans une variante marocaine de l'arabe, avec un jeune citoyen du royaume chérifien.
À la surprise de le voir parler correctement une langue étrangère, il réagit par un sourire. Et répond ensuite : "À force de fréquenter les gens, j'ai appris la langue. Ici, il faut s'adapter. Je me suis bien intégré à la population. Les gens viennent du monde entier. Le milieu dans lequel j'évolue exige que je puisse parler plusieurs langues", explique Mohamed Diaw.
Tourné naturellement vers le monde extérieur, il est presque l'exact contraire de son compatriote Samba Ndour, dont les échanges avec la clientèle vont rarement au-delà du strict nécessaire. Le Thiaroyois d'origine récupère les clés et part garer les voitures lorsque les automobilistes arrivent au parking. Il est précis et mécanique dans ses gestes. "Je suis naturellement très réservé. J'aime la tranquillité. C'est ce qui m'a poussé à quitter Casablanca et à me lancer dans ce boulot", explique-t-il.
Pour Mohamed Diaw, commerce rime avec esprit de dialogue et de communication. Il parle plusieurs langues avec la clientèle, aime les plaisanteries et s'adapte à la nature. Il range rapidement ses affaires lorsque la pluie s'annonce.
Souvent les mains dans les poches, Samba Ndour, la tête coiffé d'un bonnet et le visage mangé par de grosses lunettes, accueille timidement sa clientèle, le sourire aux lèvres. "J'aime beaucoup cette ville. Elle est très belle, il y a plein de beaux endroits à visiter.
Nous sommes bien en sécurité ici. Si vous vous comportez bien avec les gens, ils vous le rendent bien", raconte Mohamed Diaw. De l'avis de M. Diaw, bien se comporter revient à se faire respecter et à faire respecter ses compatriotes. Surtout lorsqu'on vit à l'étranger. Un avis que partage Samba Ndour.