Dans sa lutte contre les groupes jihadistes, l'armée nigérienne a multiplié ces dernières semaines des frappes de drones dans la zone de Tillabéri, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso. Notamment sur des marchés hebdomadaires. La commune de Kokoloko a été la dernière visée, mardi 6 janvier, dans des frappes qui ont fait des victimes civiles, dénoncent les populations locales.
Étals en banco et en bois en flammes, matériel et stock ravagés par le feu : Dans la vidéo qu'il a diffusée sur les réseaux sociaux, un habitant de Kokoloko, commune située à l'ouest de Niamey et collée à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, donne la date du 6 janvier puis, en langue zarma, condamne ces frappes menées « sur des commerçants ».
Aucun bilan de ses opérations menées par l'armée du Niger n'est connu. Les habitants évoquent toutefois la mort de femmes et d'enfants.
Pour les autorités, les marchés sont des lieux de rendez-vous pour les éléments des groupes jihadistes où ils se mêlent aux populations.
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Les 21 et 25 décembre, le marché de la commune de Tangounga a été visé par des frappes de drones, dans des attaques dénoncées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) sur ses réseaux de propagande terroriste. Avant cela, 17 personnes avaient perdu la vie lors du marché hebdomadaire de Tchinberkaouane le 27 octobre dernier.
La junte à la tête du pays et l'armée nigérienne n'ont pas commenté ses frappes. Les forces de défense et de sécurité possèdent deux types de drones, notamment l'Aksungur de fabrication turque. Mis en service en septembre dernier et piloté depuis la base aérienne 101, ce drone a une autonomie de 40 heures et peut transporter 750 kilos de bombes.