Le principal opposant au pouvoir arrivé deuxième à l'élection présidentielle du 28 décembre conteste les résultats officiels donnant la victoire au président Touadera.
En Centrafrique, les résultats proclamés mardi par l'Autorité nationale des élections (ANE) "ne sont pas le reflet du vote du peuple, mais le produit d'une fraude massive, organisée, méthodique et couverte par l'ANE elle même", a déclaré Anicet-George Dologuélé au cours d'une conférence de presse ce mercredi (07.01), disant "prendre la parole par devoir envers le peuple centrafricain".
Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a été annoncé vainqueur de l'élection présidentielle du 28 décembre 2025 avec un peu plus de 76 % des voix, selon des résultats provisoires de l'ANE. Anicet George Dologuélé, est lui donné second avec près de 15 % des suffrages.
L'ANE a "failli à sa mission" et a "volontairement renoncé à son indépendance en se mettant au service d'un candidat", a encore déclaré l'opposant, ajoutant que l'ANE "porte seule la responsabilité du chaos électoral dans lequel elle a sciemment plongé notre pays".
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"Nous avons des preuves"
Anicet-George Dologuélé a indiqué attendre les résultats définitifs du Conseil constitutionnel et assuré qu'il n'excluait pas de saisir cette juridiction pour déposer un recours.
"Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, une fraude électorale a été décomplexée, publique, sauvage, violente. [...] Nous avons des preuves datées, localisées, vérifiables", a assuré l'ancien Premier ministre et figure majeure de l'opposition.
Lors de cette conférence de presse à laquelle a assisté la DW, il a aussi affirmé que des membres de sa sécurité ont été enlevés durant la campagne électorale.
Selon l'ANE, 52,43 % des électeurs se sont rendus aux urnes lors de ce quadruple scrutin présidentiel, législatif, régional et municipal organisé dans un contexte sécuritaire tendu en Centrafrique.
Les résultats définitifs doivent être proclamés à la mi-janvier, après l'examen d'éventuels recours.
Réélu une première fois en 2016, puis en 2020 lors d'un scrutin déjà marqué par des accusations de fraude, Faustin-Archange Touadéra est critiqué par l'opposition pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle Constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir.
