Cameroun: 142 accusés jugés par le tribunal militaire de Yaoundé pour crise post-électorale

Tribunal militaire de Yaoundé
7 Janvier 2026

Ce jeudi 8 janvier 2026, le Tribunal militaire de Yaoundé est le théâtre d'une audience d'une ampleur inédite. Pas moins de 142 personnes comparaissent pour leur participation présumée à la crise post-électorale qui a secoué le Cameroun. Cette audience massive, qualifiée d'inquisition post-électorale par la défense, place une fois de plus la justice militaire au coeur de la répression des dissidences.

Les prévenus, dont 114 sont extraits de la prison centrale de Kondengui, répondent d'accusations de « propagation de fausses nouvelles », « rébellion en groupe », « attroupement » et « défaut de CNI ». Ils sont répartis en cinq dossiers distincts, tous traités en flagrance. Face à cette machine judiciaire, le barreau camerounais s'est mobilisé. Une défense organisée, placée sous l'autorité du Bâtonnier en personne, assurera une assistance pro bono à tous les accusés. Cette solidarité professionnelle cherche à garantir un procès équitable dans un contexte où les libertés fondamentales sont sous tension.

Cet événement s'inscrit dans une séquence judiciaire troublante. Quelques semaines plus tôt, le procès de 77 autres manifestants avait dû être ajourné, faute de traducteurs pour les prévenus ne parlant pas français. Ce précédent met en lumière les défis structurels d'une justice souvent accusée de servir d'instrument politique. Alors que les tensions post-électorales persistent, ce nouveau procès massif interroge sur la volonté des autorités de criminaliser toute contestation.

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La tenue de cette audience devant une juridiction militaire pour des faits relevant du droit commun continue de susciter de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains. Alors que 142 vies et libertés sont en jeu, une question centrale demeure : la justice camerounaise peut-elle, dans ce cadre, rendre des verdicts impartiaux et apaiser les blessures d'une nation divisée ?

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