Fini décembre, mois « infernal » aux senteurs de fête. Partout, comme une sorte de miracle, à l'image du Fils né d'une Vierge qui aura conçu sans péchés, il y eut de la joie, comme une résurgence d'une vie neuve, même sur les visages de ceux à qui la vie ne fut pas un cadeau, qui tirent, chaque jour que Dieu fait, « la queue du diable le plus proche » (A. Césaire).
Dans tous les townships du monde, dans tous les « pôtôs-pôtôs » (quartiers délabrés, boueux, de tous les immondices), dans toutes les ghettos, dans tous les favelas, dans tous les « glôglôs » (quartiers malfamés), l'on a dansé dans les vapeurs du Ganja, en implorant Jah ; l'on a roulé tous les postérieurs sous l'effet du vin de palme et de la bière au rythme endiablé du N'domolo ; bu la Drogba (la bière du nom de la star ivoirienne, mondiale) à Yop-City (la Cité de la joie de vivre, même quand il n'y a plus d'espoir), à « Abobo-la guerre », à Treichville la fêtarde, etc.
La campagne électorale n'aura rien gâché, encore moins terni l'ambiance de la fête, où il y avait à boire, à manger, à se saouler. Au contraire...Il y eut de l'argent à « manger la vie ». Les politiques étaient là ; l'argent à partager, à gaspiller aussi (est-ce qu'ils gaspillent, eux ?), et il en pleuvait, les promesses de tous ordres, qui tombaient sur la masse votante, ivre de tout, qui « buvait même sa tête » pour le regretter, après, passé le temps des dépenses en futilités aussi de tous ordres, nées de cette espèce de résurrection. Même si cette année, elle s'est résumée à bien plus qu'une célébration de Noël et sa messe de minuit, en jours de campagne électorale jusqu'au 27 décembre.
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Au compteur : fatigue de tous ordres, poches vidées, « wari banan » (l'argent est fini). Et revient l'amusante phrase : « Janvier est dur... ». On a dépensé, en argent, en énergie, sans compter. Janvier est dur, sonne l'heure du bilan. Le bilan personnel, chargé aussi de tristesse, où resurgissent les souvenirs heureux des temps heureux auprès de tous ceux que l'on a connus, qui sont partis, hélas si tôt, souvent. « Il n'est pire misère qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur », nés de nos tristes réalités, avec tous ces mauvais coups : coups d'Etat par-ci, coups d'Etat par-là.
Temps mauvais où les puissants piétinent tout, raison du plus fort rimant avec violence de tous ordres, où l'on peut capturer un président élu ou mal élu, comme ça, sans rendre de compte à personne.
Alors, je prie :
- pour ceux qui sont partis, certes, mais surtout pour ceux qui vivent, afin que le Fils-roi, en cette nouvelle année, nous apporte le Message qui fera le bonheur de chacun. Que « le courant dans notre vie », en ces temps de chaleur, ne nous secoue davantage, tous les deux mois, à cause du coût élevé du kilowattheure ;
- que les logements sociaux, soient en phase avec leur dénomination, afin que les coûts des loyers ne déraisonnent pas, d'un quartier à l'autre ;
- que la Cmu qui affiche ses millions d'adhérents, nous soigne vraiment du coût de la santé ;
- que manger, dormir, se vêtir, se soigner, ces besoins primaires ne soient pas des montagnes de soucis pour la multitude.
- Que le Seigneur nous délivre de la toute-puissance de ceux qui gèrent le monde selon leurs intérêts égoïstes. Qu'il leur donne des cœurs de chair, non de pierre, non de marbre ;
- Que le Seigneur donne à chacun de nous la force de ne pas répéter les mêmes erreurs d'hier ; celle de se remettre en question !
Que le Seigneur entende ma prière, qu'il l'exauce et la fasse descendre et entendre là où il faut. Afin que l'an prochain, au bilan, je lui rendre grâce. Pour ses bienfaits.