En Ituri, dans le territoire de Djugu, les hommes de la Convention pour la révolution populaire (CRP), groupe dirigé par Thomas Lubanga - ancien pensionnaire de la Cour pénale internationale - font de nouveau parler d'eux. Alors que le groupe semblait affaibli après des actions de l'armée congolaise, de nouveaux combats ont été observés ces dernières semaines. Les premiers chiffres commencent à émerger.
Alors que l'attention reste largement focalisée sur la province du Nord-Kivu, la situation sécuritaire demeure très préoccupante dans la province de l'Ituri, à l'est de la République démocratique du Congo. Début 2025, Thomas Lubanga, aujourd'hui exilé en Ouganda, lançait un mouvement politico-militaire : la Convention pour la révolution populaire (CRP).
Il dit agir par colère contre le pouvoir de Kinshasa, qu'il accuse de piller l'Ituri et de négliger la province, au profit notamment des crises sécuritaires dans le Kivu. Depuis, la CRP est devenue l'un des groupes les plus actifs et les plus cités en Ituri.
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Ses hommes ont été vus ces dernières semaines autour de Bule, une localité située à environ 95 kilomètres de Bunia, la capitale provinciale. Un carrefour commercial qui, au gré des combats, change régulièrement de mains : parfois occupé par la CRP, parfois repris par l'armée congolaise. Ce qui avait été le cas ces derniers jours.
Aux dernières nouvelles, Bule est contrôlé ce mercredi 7 janvier 2026 par les miliciens accusés par l'armée d'utiliser les déplacés et d'autres civils comme boucliers humains.
Et le bilan humain est lourd. Selon des sources onusiennes, au moins 25 civils ont été tués et plus de 40 blessés ont été recensés au cours du mois dernier, à Bule et dans les environs.
Depuis le 26 décembre, 23 blessés graves ont été transférés à l'hôpital Salama de Bunia, un établissement soutenu par Médecins sans frontières.
À l'hôpital de Fataki, à environ 15 km de Bule, 22 blessés ont également été pris en charge.
Sur le plan humanitaire, la situation est critique. Selon OCHA, l'insécurité empêche l'accès à l'aide pour plus de 87 000 déplacés internes, installés à Bule et dans ses environs.
Les autorités locales signalent, par ailleurs, qu'au moins 17 personnes sont décédées entre le 5 et le 29 décembre, en raison des conditions de vie difficiles, du manque de soins médicaux et de la faim.