Madagascar: Variole du singe - Le pays face à une nouvelle alerte sanitaire

Madagascar fait désormais partie des pays africains confrontés à l'apparition de la variole du singe, connue scientifiquement sous le nom de Mpox. La présence du virus a été officiellement confirmée sur le territoire malgache fin décembre 2025, lorsque le ministère de la Santé publique a annoncé les premiers cas confirmés à Mahajanga, dans la région Boeny. Des analyses biologiques menées par le laboratoire LA2M et l'Institut Pasteur de Madagascar ont permis de confirmer ces infections, marquant l'entrée de l'île dans une phase de vigilance accrue.

Dans un contexte où cette maladie demeure encore rare à Madagascar, les autorités ont rapidement réagi face à la détection de cas suspects et confirmés. À la date du 7 janvier 2026, les bilans gouvernementaux faisaient état d'au moins six cas confirmés de Mpox répartis dans plusieurs régions du pays, avec un épicentre à Mahajanga I et un cas signalé à Antsirabe, région Vakinankaratra.

Rapide. La maladie s'est déjà manifestée dans au moins sept régions, dont le Boeny, l'Analamanga, l'Atsimo-Andrefana, la Diana, le Vakinankaratra et l'Itasy, ainsi que dans d'autres zones placées sous surveillance. Une progression rapide en l'espace de quelques jours, qui inquiète les autorités sanitaires. Les cas suspects se sont multipliés, atteignant 76 selon les derniers communiqués officiels, même si tous ne sont pas encore confirmés par des tests de laboratoire.

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La réaction des responsables malgaches s'est accompagnée d'une campagne d'information destinée à sensibiliser la population. Dès l'annonce des premiers cas fin décembre, le gouvernement a appelé au respect strict des gestes barrières hérités de la pandémie de Covid-19, comme le lavage des mains, le port du masque dans les lieux publics, la distanciation physique et l'isolement des personnes infectées. Le tout, pour réduire toute transmission communautaire.

Parties prenantes. Bien que la variole du singe puisse parfois se propager rapidement, l'état de santé des malades confirme jusqu'ici une évolution généralement favorable, sans décès rapportés à ce stade. Les autorités sanitaires malgaches, en coordination avec l'Organisation mondiale de la santé et les partenaires techniques, surveillent de près l'évolution de la situation afin d'éviter une diffusion plus large sur l'ensemble du territoire.

Tout savoir sur la Mpox

La Mpox, anciennement appelée « variole du singe », est une maladie virale causée par un orthopoxvirus, apparenté à celui de la variole humaine. Elle se transmet principalement par contact rapproché avec une personne infectée, via des liquides corporels, des lésions cutanées, des gouttelettes respiratoires ou des objets contaminés. Dans certaines régions d'Afrique, des animaux sauvages, notamment des rongeurs ou de petits mammifères, peuvent aussi être à l'origine des infections humaines, faisant de la Mpox une zoonose.

Comment se manifeste-t-elle ?

Les principaux symptômes comprennent de la fièvre, des ganglions enflés, des éruptions cutanées douloureuses, ainsi que de la fatigue. La période d'incubation varie généralement de 5 à 21 jours. La plupart des cas évoluent favorablement, mais des complications peuvent survenir, principalement chez les personnes immunodéprimées ou les enfants.

Quid des soins ?

Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique largement disponible, mais des soins de soutien (isolement, gestion de la douleur et prévention des surinfections) permettent de limiter les risques et d'aider à la guérison. La vaccination contre la variole traditionnelle procure une certaine protection croisée.

Mpox : les mesures prises par le gouvernement malgache

Dès la confirmation des premiers cas, le gouvernement malgache a promptement adopté un ensemble de mesures sanitaires pour contenir la propagation du virus sur l'ensemble du territoire. Parmi les premières décisions, le renforcement des contrôles sanitaires aux points d'entrée, notamment à l'aéroport international d'Ivato, a été instauré pour surveiller les vols en provenance de zones à risque et détecter toute fièvre suspecte chez les voyageurs.

Des barrages sanitaires ont été mis en place autour des zones à haut risque, notamment autour de Mahajanga, avec des stations de dépistage, des opérations de désinfection des transports publics et des mesures de contrôle pour les passagers. À Antananarivo, les voitures et bus en provenance de foyers identifiés sont régulièrement désinfectés, et les chauffeurs sont soumis à des contrôles médicaux.

Le port du masque devient obligatoire dans les lieux publics, notamment dans les zones touristiques, les universités et les établissements scolaires, dans le but de réduire la transmission interhumaine. Les autorités ont également réactivé des unités de veille sanitaire au sein des écoles, tandis que des campagnes de sensibilisation sont menées à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux pour encourager les gestes barrières.

Parallèlement, l'État malgache a mis en place un suivi actif des contacts et l'isolement des cas confirmés dans des structures de santé adaptées. Les équipes de santé publique assurent également la prise en charge médicale des patients infectés, garantissant un traitement, des consultations de suivi et le soutien nécessaire pour éviter les complications.

Mpox à Madagascar

31 décembre 2025 : Date de notification des premiers cas confirmés

6 : Nombre de cas confirmés officiellement par des tests de laboratoire.

76 : Nombre d'individus suspects répartis dans plusieurs régions (Boeny, Analamanga, Atsimo-Andrefana, Diana, Vakinankaratra, Itasy).

7 : au moins, régions touchées, avec Mahajanga I comme foyer principal.

0 : Nombre de décès signalés à ce stade.

Hospitalisations : plusieurs cas ont nécessité une prise en charge isolée en milieu hospitalier.

Mpox dans le monde : aperçu global

La Mpox n'est pas seulement une préoccupation malgache : elle persiste comme une menace sanitaire mondiale depuis l'émergence d'un important épisode épidémique en 2022. Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que, depuis le début de 2022, des dizaines de milliers de cas confirmés ont été signalés dans plus de 90 pays, avec plusieurs centaines de décès notifiés.

Dans certaines régions d'Afrique, notamment en République démocratique du Congo, des flambées plus intenses sont attribuées à des souches plus transmissibles du virus.

Même si le nombre de cas a connu des variations selon les zones géographiques, l'OMS maintient une surveillance active et recommande une vigilance continue auprès des systèmes de santé nationaux.

Aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, des cas sporadiques sont encore signalés, souvent liés à des déplacements internationaux ou à une transmission locale limitée, ce qui rappelle que la maladie peut se propager au-delà des frontières si les mesures de prévention ne sont pas maintenues.

Dans ce contexte, la coopération internationale, l'accès à la vaccination et le maintien des gestes barrières restent des éléments indispensables pour maîtriser cette maladie virale émergente.

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