Cameroun: Les entreprises font le bilan après la crise post-électorale

Le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) publie son rapport sur les conséquences de la crise post-électorale au Cameroun. L'évaluation porte sur la période du 26 octobre au 5 novembre 2025 menée auprès de 289 entreprises (membres ou non du Gecam) la plupart à Douala, et de onze organisations professionnelles.

Dégâts matériels, mises à l'arrêt, blocage des flux logistiques... Tout cela a eu un impact important pour les entreprises, explique Narcisse Palissy Chassem, directeur exécutif adjoint du Groupement des entreprises du Cameroun. En tout, le Gecam évalue les pertes directes à un peu plus de 200 milliards de francs CFA (environ 304 millions d'euros) et un manque à gagner fiscal de 43 milliards de francs CFA (soit près de 65 millions d'euros).

« En valeur absolue, les secteurs les plus touchés sont notamment le commerce et la distribution, avec une perte de l'ordre de 30 milliards de francs CFA [environ 46 millions d'euros, NDLR] de chiffres d'affaires sur les sept jours, et l'industrie, avec une perte de 17 milliards de francs CFA [approximativement 26 millions d'euros, NDLR] de chiffres d'affaires estimés, pointe Narcisse Palissy Chassem. Et en valeur relative, les conséquences sont beaucoup plus importantes sur le secteur de l'hôtellerie-restauration, qui a enregistré une perte de l'ordre de 54 % de son chiffre d'affaires. Il y a également ensuite la construction qui a enregistré une perte de 45 % de son chiffre d'affaires. Le secteur de l'industrie a perdu 40 % de son chiffre d'affaires. »

Les entreprises demandent de l'aide face aux difficultés

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Près de 20% des entreprises ont procédé à des réductions d'effectifs, plus d'un tiers des entreprises affirme ne pas pouvoir honorer ses échéances bancaires. Face à cette situation, le Gecam dresse une série de recommandations.

« Le premier groupe de recommandations est d'ordre financier. Les entreprises sont pratiquement unanimes sur la nécessité d'activer le levier de la fiscalité. En particulier, elles souhaiteraient qu'il y ait un allégement fiscal et un moratoire sur les contrôles et les reports d'échéance. Ensuite, les très petites et les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises souhaitent que soient mises en place des subventions et des lignes de crédit à taux bonifié pour faire face aux conséquences de la crise », suggère le directeur exécutif du Gecam.

« Le deuxième groupe de recommandations concerne les infrastructures et la sécurité. Il faut bien entendu réhabiliter les unités de production détruites, réhabiliter les infrastructures détruites, déclare Narcisse Palissy Chassem. Il faudrait sécuriser les zones de pollution. Le troisième groupe de recommandations, ce sont beaucoup plus des mesures d'apaisement. Et nous pensons qu'il faut suspendre les contrôles le long des corridors routiers et entre les centres de production et les centres de distribution. »

Le Gecam estime que le retour à la normale n'est pas encore acté. À l'occasion de l'étude, un grand nombre de patrons a partagé un sentiment de pessimisme.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 120 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.