Une pratique déviante gangrène le système éducatif togolais. Dans les établissements secondaires, publics comme privés, un nombre croissant d'enseignants confient la correction des copies d'évaluation à des élèves de classes supérieures, se soustrayant ainsi à une mission pourtant fondamentale de leur métier.
Face à cette dérive, les autorités éducatives haussent le ton et décident de sévir. Elles dénoncent "l'irresponsabilité et le manque de conscience professionnelle" de ces enseignants qui sacrifient la qualité de l'enseignement sur l'autel de la facilité.
Le ministère de l'Education ne mâche pas ses mots : "Ces pratiques sont anti-pédagogiques et ne sont pas de nature à faciliter l'apprentissage et l'évaluation dans les classes." Pire encore, elles contribuent directement "à l'accroissement du taux d'échec et à l'abandon scolaire", mettant en péril l'avenir de milliers d'élèves.
Retrouver le sens du métier
La correction des copies par le professeur lui-même n'est pas une simple formalité. Elle permet d'évaluer précisément le niveau de performance des élèves, d'identifier leurs lacunes et d'ajuster les programmes en conséquence. En déléguant cette tâche, les enseignants se privent d'un outil essentiel de pilotage pédagogique.