À Kigali, des représentants des réfugiés congolais au Rwanda ont déposé mercredi 7 janvier une lettre dans différentes ambassades pour dénoncer les discours de haine contre les communautés tutsi et banyamulenge en République démocratique du Congo. Cet épisode intervient après la suspension du général-major Sylvain Ekenge, le 27 janvier, pour des propos polémiques, jugés stigmatisants sur les femmes tutsies.
Premier arrêt pour la délégation des réfugiés congolais : l'ambassade américaine à Kigali. « Nous sommes venus aujourd'hui parce qu'il y a un mot choquant qui s'est parlé par le porte-parole des FARDC dénommé Sylvain Ekenge, soi-disant qu'"il ne faut pas se marier avec une femme tutsi", déplore Edson Munyakarambi, le président du comité exécutif des réfugiés du camp de Kigeme. La communauté internationale ne peut pas se taire quand ils nous entendent sur nos difficultés, sur notre insécurité. »
Dénoncer les discours de haine
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Si le porte-parole de l'armée congolaise a été suspendu de son poste après ses déclarations, la lettre remise aux ambassades par les réfugiés dénonce l'absence de poursuites judiciaires à la suite des propos, et demande au corps diplomatique une plus forte dénonciation des discours de haine.
« Ce que j'attends des ambassades, c'est un soutien actif en notre faveur et qu'elles sachent ce qui se passe dans notre pays, estime Albert Bisore Ngemanyi, du camp de Kiziba. J'espère pouvoir y revenir. Ce n'est pas possible maintenant mais ce le sera un jour, je ne perdrai jamais espoir. »
Plus de 80 000 réfugiés congolais sont enregistrés dans le pays. La facilitation d'un retour sûr et volontaire est l'un des points de l'accord de paix signé à Washington entre le Rwanda et la RDC.