Madagascar: L'aviation civile lance une campagne anticorruption après plusieurs scandales

L'autorité de régulation du transport aérien malgache est secouée par le scandale de cinq Boeing 777, lorsque des avions de ligne qui avaient été localisés en Iran, après une immatriculation provisoire à Madagascar, et ce en dépit des sanctions américaines. Mais, mardi 6 janvier, une nouvelle plainte a été déposée auprès du pôle anticorruption, concernant cette fois-ci la fuite en jet privé de deux proches de l'ancien président Andry Rajoelina, juste avant sa chute en octobre 2025.

L'itinéraire du vol 5R-HMR avait intrigué les internautes malgaches qui, dans la nuit du 11 au 12 octobre, le traquaient : l'aéronef avait fait au moins sept tours en rond dans le ciel avant d'atterrir, enfin, à Maurice, et ce deux jours avant la prise de pouvoir des militaires.

Parmi les cinq passagers à bord de l'appareil : Christian Ntsay - Premier ministre d'Andry Rajoelina pendant sept ans - et l'homme d'affaires Mamy Ravatomanga.

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« Nous avons constaté des faits présumés de violations des règles de sûreté, de corruption et de facilitation de fuite illégale d'un vol non autorisé au départ de Madagascar. Ce vol aurait bénéficié d'un accès exceptionnel en piste, et non d'un accès officiel de la part de l'Aviation civile de Madagascar (ACM). Il n'y avait aucun contrôle, ou bien un contrôle réduit », explique Alban Rakotoarisoa, directeur général de l'ACM depuis le 22 décembre dernier.

« Pour nous, c'est une atteinte grave à la sécurité aérienne, à la souveraineté nationale et à la crédibilité des institutions publiques comme l'ACM. C'est pour cela que nous avons saisi le Pôle anticorruption, afin d'obtenir toute la vérité », poursuit cet ancien conseiller municipal d'Antananarivo ayant contribué, avec la Gen Z, au lancement des manifestations contre les coupures d'eau et d'électricité en septembre dernier. L'ACM souhaite que cette plainte mène à l'ouverture d'une « enquête indépendante et impartiale », selon un communiqué publié mardi 6 janvier.

Autre dossier explosif pour le nouveau directeur, qui voit les affaires s'empiler : celui des cinq Boeing 777, livrés clandestinement à la compagnie iranienne Mahan Air en juillet dernier après une immatriculation provisoire par l'ACM.

« Ce qui est sûr, pour moi, c'est qu'il y avait implication de certains cadres supérieurs à l'ACM pour le cas des Boeing. Il y a une perte de crédibilité de Madagascar et du transport aérien au niveau local, régional et international. Je suis là pour essayer de trouver une solution pour éviter que Madagascar ne soit sanctionné par l'Organisation de l'aviation civile internationale puisque c'est un grand risque », prévient Alban Rakotoarisoa.

Le nom de Mamy Ravatomanga - actuellement détenu à Maurice - a été cité par un témoin dans cette affaire, sur laquelle enquête le FBI américain, avec les autorités judiciaires malgaches.

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