Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale d'Égypte a réduit les taux d'intérêt directeurs de 100 points de base lors de sa dernière réunion de 2025, signalant une confiance croissante dans le fait que l'inflation diminue et que les conditions permettent un changement prudent vers l'accommodement monétaire.
Le comité a réduit le taux de dépôt au jour le jour à 20 % et le taux de prêt à 21 %. Le taux des opérations principales et le taux d'escompte ont été fixés à 20,50 %.
Cette décision intervient alors que la croissance mondiale reste globalement stable, bien que les risques liés aux tensions géopolitiques, à l'incertitude commerciale et à la faiblesse de la demande extérieure persistent. Les tendances internationales en matière d'inflation se sont stabilisées, ce qui a incité de nombreuses banques centrales à adopter des cycles d'assouplissement progressifs, fondés sur des données.
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Sur le plan intérieur, la croissance économique s'est légèrement modérée. Le PIB de l'Égypte devrait croître d'environ 5 % au quatrième trimestre 2025, contre 5,3 % au troisième trimestre. La croissance continue d'être soutenue par l'industrie manufacturière non pétrolière, le commerce et les communications. Les pressions inflationnistes du côté de la demande restent contenues, soutenant la tendance à la désinflation.
L'inflation globale devrait se situer en moyenne autour de 14 % en 2025, contre 28,3 % en 2024. La banque centrale s'attend à ce que l'inflation continue de baisser en 2026, se rapprochant de son objectif de 7 % ± 2 % d'ici la fin de l'année.
Points clés à retenir
Cette baisse de taux marque un changement dans l'orientation monétaire de l'Égypte après une longue période de politique restrictive visant à stabiliser les prix et à restaurer la confiance. L'inflation ayant fortement baissé par rapport au pic de l'année dernière, les responsables politiques considèrent désormais qu'il est possible de soutenir la croissance sans raviver les pressions sur les prix. Cependant, des risques subsistent. L'inflation non alimentaire s'est avérée rigide et les mesures budgétaires à venir pourraient affecter le rythme de la désinflation. Des facteurs externes, notamment les prix mondiaux des produits de base et les conditions des marchés financiers, constituent également des défis potentiels.
En mettant l'accent sur la dépendance à l'égard des données, le comité de politique monétaire signale que l'assouplissement sera progressif plutôt qu'agressif. Cette approche vise à trouver un équilibre entre le soutien à la croissance et la nécessité d'ancrer les attentes en matière d'inflation et de maintenir la stabilité de la monnaie. Si l'inflation continue de baisser comme prévu, de nouvelles baisses de taux sont probables en 2026, mais le rythme dépendra de la dynamique des prix intérieurs et de l'évolution de la situation mondiale. Pour les investisseurs et les entreprises, cette décision confirme que l'Égypte est en train de passer d'une phase de stabilisation à une phase de politique plus favorable à la croissance, tout en restant prudente face aux risques d'inflation persistants.