Cameroun: Affaire Iyodi - Le candidat qui avait acheté l'étiquette PDC traité d'escroc

8 Janvier 2026

Une affaire inédite défraie la chronique politique camerounaise et jette une lumière crue sur les pratiques d'investiture. Le Parti Démocratique Camerounais (PDC) est au cœur d'un scandale financier et éthique majeur, impliquant son ancien candidat à la présidentielle, Samuel Hiram Iyodi.

Dénis Emilien Atangana, figure du PDC, a levé le voile sur cette relation mercantile dans un entretien cinglant accordé à nos confrères de Quatrième Pouvoir. Il y accuse frontalement Iyodi, qualifié de « feyman » et d'« escroc », d'être redevable de 15 millions FCFA au parti. Cette somme colossale représenterait le solde non honoré de cet accord de location, transformant la campagne en une amère créance douteuse.

L'affaire prend une dimension encore plus trouble avec la nature des clauses bafouées. Atangana affirme que les conditions d'investiture ont été arrêtées en présence de la famille d'Iyodi, scellant un pacte dont les termes financiers n'auraient pas été respectés. Cette version, si elle est confirmée, expose un système où l'étiquette politique se monnaierait, loin des idéaux de militantisme. La crise révèle ainsi les dérives financières des petits partis en manque de ressources, contraints de "louer" leur sigle à des candidats outsiders.

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Ce scandale éclate dans un contexte post-électoral déjà toxique, révélant une profonde fracture stratégique au PDC. Alors que le président du parti a reconnu la victoire de Paul Biya, Samuel Hiram Iyodi, le candidat "client", clamait lui la fraude et exigeait la vérité des urnes. Cette divergence fondamentale entre la direction et son candidat illustre l'absence totale d'alignement idéologique et la nature purement transactionnelle de leur alliance, devenue un fiasco complet.

L'attaque d'Atangana, rappelant qu'Iyodi était un "inconnu" avant ce marché, vise à dénoncer l'opportunisme d'un homme et l'échec cuisant d'une stratégie de survie financière pour le parti. Cette affaire dépasse le simple conflit personnel. Elle pose une question brûlante sur la moralisation de la vie politique et la vérité des engagements.

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