Un nouveau défi attend les Ivoiriens après l'épisode de Marrakech.
Après avoir conquis la ville de Marrakech, les Éléphants de Côte d'Ivoire ont débarqué, hier, à Agadir. Partis de la ville ocre, aux environs de 15h, dans un autobus, Emerse Faé et sa troupe ont parcouru plus de 250 kilomètres. A leur arrivée, ils ont été accueillis par un groupe de supporters ivoiriens venus d'Abidjan et le personnel de l'hôtel, à Be View, un complexe hyper luxueux, en bordure de mer.
Aujourd'hui, les Ivoiriens se retrouveront pour effectuer une première séance d'entraînement et faire la reconnaissance de la pelouse avant le choc attendu demain, à 19h, contre l'Égypte, l'équipe la plus titrée de la compétition.
Les 3 h de voyage par la route, au contraire, leur a permis de décompresser, de découvrir une autre facette du Royaume chérifien que l'on ne voit pas depuis un avion. Avant même que le ballon ne roule à Agadir et que les projecteurs n'illuminent l'affiche tant attendue, il y a un autre match à disputer. Celui de la route, du regard et de l'émerveillement. Quitter Marrakech pour rallier Agadir où doit se tenir la rencontre sportive, c'est traverser un Maroc monumental, sculpté par la pierre, le silence et la lumière.
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Un voyage déstressant
Quel que soit l'itinéraire choisi, le verdict est le même. l'Atlas s'impose. Immense, souverain, presque intimidant. À perte de vue, ces chaînes de montagnes semblent barrer l'horizon comme un rempart naturel, une muraille dressée entre ciel et désert. Le voyageur se sent littéralement « pris en otage » par cette majesté minérale.
À gauche, des sommets blanchis par la neige dessinent une dentelle pâle sur les roches sombres. À droite, les reliefs s'étirent, arides, puissants, comme figés dans une éternité silencieuse.
Mais la montagne ne se contente pas de se donner à voir. Elle se fait aussi sentir. À mesure que la route serpente et que l'altitude varie, de légers bourdonnements envahissent les oreilles des voyageurs, rappelant que l'on gagne ou perd rapidement de la hauteur. Une sensation familière aux habitués, presque un signal discret du corps face aux caprices de la topographie, qui ajoute une dimension sensorielle à l'expérience du trajet.
Les passagers n'y résistent pas. Smartphones dégainés, caméras en alerte, chacun tente de capturer un fragment de cette immensité. Mais aucune image ne restitue vraiment la sensation d'être englouti par le paysage. « Cela fait plusieurs fois que je me rends à Agadir, mais je suis toujours impressionnée », confie Nelly Marchand, touriste française en vadrouille dans le Royaume chérifien, les yeux encore brillants d'admiration.
À cette fresque de pierre s'ajoutent, par intermittence, les nuances du désert marocain et ses oasis inattendues. Ici, une tâche de verdure surgit comme une promesse de fraîcheur. Là, une étendue ocre rappelle la rudesse d'un territoire que le soleil façonne chaque jour.
Trois heures quarante-deux minutes pour parcourir 248 kilomètres, une pause de vingt minutes à peine pour reprendre souffle, et pourtant, le temps semble s'effacer, absorbé par la beauté du décor.
Le regard attentif remarque aussi les longues clôtures métalliques qui protègent certaines portions de montagnes, signe d'une volonté de préserver ces espaces ou d'en contrôler l'accès. Sur le trajet, la nature n'est pas seule à raconter son histoire. Des habitations apparaissent par endroits, modestes, parfois accrochées aux flancs de la roche, défiant les conditions les plus austères.
L'adage selon lequel « l'homme s'adapte à tout » prend ici une dimension presque philosophique. Même les lignes à haute tension, courant à perte de vue, rappellent que la modernité se fraie un chemin jusque dans les replis les plus abrupts du relief.
Puis, progressivement, Agadir se dessine
La ville accueille le visiteur avec ses dominantes bleues et blanches, une palette apaisante qui tranche avec l'âpreté des montagnes. Les taxis ajoutent leurs codes chromatiques. On y voit les petits taxis rouges, familiers aux Abidjanais, et les grands taxis blanc-jaune, sillonnant calmement les artères urbaines. L'atmosphère respire une certaine quiétude, presque une douceur rappelant Rabat, la capitale marocaine, dans son élégance discrète.
Ainsi, avant même la ferveur du stade, avant les chants des supporters et la tension du duel de l'équipe nationale de la Côte d'Ivoire face à l'Égypte, ce voyage Marrakech-Agadir offre une leçon de géographie vivante et de poésie naturelle. Un prélude grandiose à la Can 2025, où le spectacle ne se limite pas à la pelouse, mais commence dès la route, au cœur des montagnes de l'Atlas, majestueuses sentinelles d'un Maroc éternel.