Le combat contre les violences reste loin d'être gagné à Madagascar. Chaque année, l'association Fleurs éveillées accueille près de quatre-vingts enfants victimes de violences.
Parmi eux, certains sont nés d'un viol, d'autres ont été abandonnés par leurs parents à la naissance, y compris des jumeaux, ou encore des enfants d'adolescentes incapables de s'en occuper, explique Viviane Raharinirina, présidente de l'association, hier, lors d'une conférence de presse sur le lancement du mouvement « Une montagne pour nos droits, une voix pour les femmes », au Fara West à Faravohitra.
Ces cas ne représentent qu'une partie visible d'un fléau plus vaste, résultant de la violence et du non-respect des droits des femmes dans le pays. Plusieurs enfants sont victimes de viols, entre trois et six par jour, et 80 % de ces cas sont des incestes, selon Florentine Razanajafy, présidente de l'association Tao.
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Des militantes engagées des associations Tao, Nifinakanga, Women Break the Silence et Fleurs éveillées unissent leurs voix pour faire évoluer la situation des femmes à Madagascar. Leur première action symbolique, prévue ce mois de janvier, sera l'ascension du Kilimandjaro. À travers cette montée, elles souhaitent porter leurs combats essentiels : le droit des femmes à disposer de leur corps, y compris le droit à l'avortement, et l'application effective des lois sur la protection et la prise en charge des victimes de violences.
«Je vais emmener ces deux causes au sommet, et je vais y parvenir. Je le fais pour toutes ces adolescentes, ces femmes, pour nos mères et nos sœurs », a déclaré Florentine Razanajafy, qui s'apprête à gravir la montagne.