Vingt-six startups numériques ont bénéficié d'un appui financier à Antsiranana. L'initiative soutient le développement de l'entrepreneuriat numérique dans les régions.
La cérémonie officielle de remise des chèques de subvention aux vingt-six bénéficiaires de la deuxième cohorte du programme Miary Digital s'est tenue mercredi à Antsiranana, à l'Hôtel de la Poste. Ces jeunes entrepreneurs, ayant mené à terme avec succès la phase d'incubation et de renforcement de capacités, ont reçu leur appui financier.
Les bénéficiaires sont issus des régions couvertes par le Projet Pôles Intégrés de Croissance (PIC), à savoir Diana, Analanjirofo, Atsinanana, Vatovavy, Fitovinany, Atsimo-Atsinanana, Atsimo-Andrefana et Anosy, confirmant l'orientation résolument décentralisée du programme.
Tout a commencé par un appel à projets lancé en janvier 2025 pour cette deuxième cohorte. Le projet PIC indiquait avoir reçu 320 candidatures réparties dans ses huit régions d'intervention, mais quarante-cinq ont été retenus pour accéder à la phase d'incubation et ces vingt-six incubés ont été sélectionnés au final.
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Mis en œuvre par le projet PIC3, sous la tutelle du ministère de l'Économie et des Finances, en collaboration avec les deux ministères concernés, Miary Digital s'inscrit dans une stratégie publique visant à faire du numérique un moteur de croissance, de création d'emplois et de compétitivité.
Plus qu'une simple remise de chèques, cet évènement marque le début d'une nouvelle ère pour l'entrepreneuriat et le développement du secteur numérique à Madagascar, notamment dans les régions.
Chaque startup, ayant achevé avec succès la phase d'incubation, bénéficie d'un financement d'un montant de 15 000 dollars américains (USD), soit un investissement global de 390 000 USD injectés directement dans l'économie locale et régionale. La phase d'accompagnement, d'une durée de neuf à onze mois, est organisée autour de trois modules clés : idéation, prototypage et « Go to market ».
Les bénéficiaires du programme n'ont pas seulement reçu une formation en gestion d'entreprise classique, mais ont également eu accès à des compétences spécialisées. Des formations ont même été dispensées sur la réalisation d'études de marché à l'international, en Afrique et en Europe.
À titre d'exemple, un jeune entrepreneur de la capitale a développé un projet visant à créer une plateforme permettant à la diaspora malagasy de suivre en direct les spectacles organisés à Madagascar, moyennant seulement 10 euros.
Lors de son intervention, le coordinateur national du PIC, Adrien Ladislas Rakotondrazaka, a souligné que le parcours jusqu'à cette étape a été long. Au-delà du financement, le programme se distingue par un dispositif de suivi strict, rigoureux et encadré, garantissant la bonne utilisation des fonds. Seule la première tranche est débloquée au lancement du projet, et le deuxième décaissement ne sera effectué qu'après le contrôle des travaux réalisés.
Message fort
En soutenant financièrement de jeunes entreprises innovantes, les pouvoirs publics entendent faire du digital un pilier de croissance, d'emplois et de modernisation de l'économie malgache.
La création est le fondement du développement à Madagascar et favorise un environnement propice aux affaires lorsqu'on offre des opportunités au secteur privé, a affirmé le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, présent à la cérémonie et ayant participé à la remise de ces chèques aux bénéficiaires. Selon lui, la digitalisation de la gouvernance constitue un moyen d'aboutir à des élections transparentes, justifiant ainsi l'encouragement apporté aux jeunes dans ce domaine.
Lors de la cérémonie, les jeunes entrepreneurs, représentés par Hanitra Nahitantsoa, porteuse du projet « Virtual Space », ont partagé avec l'assistance que chacun de leurs projets est le fruit d'une véritable expérience, marquée par de nombreuses épreuves. Ils ont également transmis un message fort au président et au gouvernement.
« Nous faisons appel à un accompagnement durable, à la simplification des démarches légales, à un suivi post-incubation et à la mise en place d'une période de grâce fiscale pour soutenir les jeunes entreprises», a-t-elle déclaré.