Sahondrarimalala Marie Michelle, ancienne ministre de l'Éducation nationale et non moins députée élue à Fianarantsoa I, n'est pas sortie de l'auberge. Après cinq jours et cinq nuits passés en garde à vue dans les locaux de la Police économique à Anosy, cette fidèle collaboratrice de l'ancien président Andry Rajoelina n'a pas pu rentrer auprès de sa famille.
En effet, malgré la fiche confirmant la fin de sa garde à vue qu'elle avait signée hier en milieu de journée, l'ex-MEN a été récupérée par la Brigade criminelle où elle devrait, selon ses avocats, subir une nouvelle enquête pour une autre affaire dont les tenants et aboutissants n'ont pas encore été révélés pour le moment. Selon une source, les investigations effectuées au niveau de la Police économique n'ont pas permis de confirmer l'existence d'infractions permettant de l'incriminer.
À entendre les explications de Maître Richel Rajaoarifetra, assisté lors du point de presse d'hier par Maître Nicaise Chen, l'enquête auprès de la Police économique était axée sur les avoirs et le patrimoine de Marie Michelle Sahondrarimalala et de son époux, ainsi que sur la gestion des ressources lorsqu'elle était à la tête du ministère de l'Éducation nationale. Selon les observateurs, ce nouveau dossier auprès de la Brigade criminelle devrait être orienté sur des suspicions concernant une éventuelle implication dans une affaire d'atteinte à la sûreté de l'État. Comme ce fut le cas de Soalihy Moussa et d'autres figures du régime déchu ayant fait l'objet de perquisitions et/ou d'arrestations. Il convient en effet de rappeler que le domicile de cette magistrate de premier grade avait été perquisitionné le dimanche 4 janvier dernier, le jour où elle avait été amenée dans les locaux de la Police économique.
Silence radio
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Bon nombre d'observateurs se posent des questions sur cette affaire. C'est la première fois depuis l'arrestation de cette ancienne directrice de campagne d'Andry Rajoelina durant l'élection présidentielle de 2023 que ses avocats communiquent sur le dossier. De leur côté, les responsables auprès du ministère de la Justice préfèrent jouer la carte de la discrétion. Silence radio également du côté du Syndicat des magistrats de Madagascar. Des questions se posent sur la légalité de la procédure. Le dossier ne devrait-il pas être traité par la Haute Cour de Justice si les faits incriminés ont été commis à l'époque où l'intéressée occupait un poste ministériel ?
Force est de noter que la levée de son immunité parlementaire avait déjà provoqué des polémiques après la déclaration de Milavonjy Philobert, 7e vice-président de l'Assemblée nationale, qui a déclaré qu'aucune réunion du Bureau permanent sur le sujet n'a été organisée. En tout cas, à l'allure où vont les choses, retrouver le chemin de la liberté risque d'être une option difficile, voire impossible, pour l'ancienne proche collaboratrice d'Andry Rajoelina, surtout avec cette nouvelle procédure d'enquête diligentée auprès de la Brigade criminelle. S'il s'agit d'une affaire d'atteinte à la sûreté de l'État, la garde à vue pourrait être prolongée jusqu'à deux semaines. Histoire à suivre.