La Cathédrale du Sacré-Coeur, à Casablanca, a accueilli le jeudi 8 janvier 2026 un événement inédit et ambitieux : le lancement de Heirs of Greatness Day, une initiative panafricaine portée par Orun.
Ce rendez-vous unique, pensé comme un manifeste vivant en faveur de la souveraineté culturelle africaine, a réuni acteurs culturels, créateurs, artisans et médias autour d'une vision commune : valoriser et structurer les industries culturelles et créatives sur le continent.
La journée a commencé par une conférence de presse matinale, dans la cour de la cathédrale. Khalil Thiero, directeur des opérations d'Africa Currency Network, a rappelé que les industries culturelles et créatives représentent aujourd'hui 3 % du PIB mondial et des dizaines de millions d'emplois. « En Afrique, leur contribution est encore partiellement mesurée, mais elle est déjà significative dans plusieurs pays », a-t-il indiqué, avant d'ajouter : « Ce secteur mérite d'être reconnu pour sa dimension économique et sociale, et non seulement artistique. »
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Selon M. Thiero, la plupart des acteurs africains évoluent encore dans l'informel, ce qui limite l'accès à des revenus stables et à la protection sociale. Pour y remédier, Orun a lancé le Code Souverain, une approche basée sur trois piliers : mémoire, structure et transmission.
Concrètement, cela se traduit par la création de sept maisons d'art, conçues comme des espaces de formation, de travail et de transmission des savoir-faire, et non comme de simples lieux d'exposition. L'objectif est de transformer le talent africain en valeur économique durable, de créer des emplois locaux et d'assurer la préservation des traditions et des identités culturelles.
Dans son intervention, Anil Padia, co-initiateur du projet Ukstar, a rappelé la nécessité de réécrire le récit africain. « L'Afrique n'a jamais manqué de ressources ; elle a simplement manqué de miroir.
Depuis toujours, notre continent crée, norme et transmet, alors que son prestige a trop souvent été raconté par d'autres », a-t-il souligné. Ukstar, magazine et plateforme de mise en lumière des talents, met en avant des pionniers avec 15, 20 voire 30 ans d'expérience, véritables ambassadeurs d'un savoir-faire local et d'une créativité africaine résolument contemporaine.
Le lancement de Heirs of Greatness Day a également été marqué par la présence de spécialistes du secteur ainsi que de créateurs renommés. Il faut noter que l'événement illustre un mouvement qui combine création, structuration, impact économique et social, et ambitionne de devenir une référence panafricaine pour les industries culturelles et créatives.
La soirée de gala a été ponctuée par un discours inspirant de Mouhamed Dieng, président de la fondation MRT, qui a rappelé que la bataille pour la souveraineté africaine n'est pas seulement technologique ou économique, mais aussi culturelle. « Les valeurs culturelles sont le ciment et le moteur de tout projet de développement. La jeunesse africaine est une force transformatrice essentielle : elle doit être formée, reconnue et soutenue pour jouer pleinement son rôle dans la structuration des industries culturelles », a-t-il affirmé. Aussi a-t-il invité les jeunes à rêver grand, croire en leurs projets et transformer leur potentiel en réalité, en s'appuyant sur l'histoire, l'identité et les valeurs africaines.
Avec des objectifs clairs à horizon 2025-2030, accompagner 50 marques africaines, former et certifier des centaines d'artisans, et produire majoritairement sur le continent, Heirs of Greatness Day constitue une étape majeure pour la structuration et la valorisation des talents africains. Signalons que l'événement montre que culture et économie peuvent se conjuguer pour créer des emplois, promouvoir la créativité locale et renforcer la souveraineté culturelle du continent.
Cette première édition a rappelé que l'Afrique possède une richesse culturelle et créative inestimable, et que sa structuration représente un véritable levier de développement durable.
Les partenaires, créateurs et journalistes présents ont été invités à accompagner ce mouvement, qui entend mettre en lumière l'excellence africaine et préparer un avenir où le continent pourra pleinement tirer parti de sa créativité et de son identité.
A noter que du côté de la Côte d'Ivoire, l'ex-maire de Bouaké Nicolas Djibo, Miss Olivia Yacé, reine de la beauté ont pris part à cette soirée de gala.