Ile Maurice: Judex Rampaul - «2026 doit marquer un tournant pour le secteur de la pêche»

interview

🔵 Quel est le bilan de l'année 2025 pour les pêcheurs dans l'ensemble ?

Le bilan de 2025 reste mitigé, alors même qu'il s'agit d'un secteur vital pour le pays, car directement lié à la sécurité alimentaire. Après une nouvelle année écoulée, nous constatons toujours des manquements, d'autant plus que les pêcheurs évoluent encore dans un système archaique, essentiellement artisanal, avec peu d'évolution vers des pratiques plus modernes et structurées malgré les quelques mesures annoncées.

Le potentiel est pourtant immense, notamment au regard de la taille de notre zone économique exclusive, qui comprend des bancs de pêche capables de faire vivre de nombreuses familles et de permettre aux consommateurs d'avoir accès à du poisson à un meilleur prix. Aujourd'hui, trop de navires étrangers exploitent nos eaux, contribuant à la surpêche et à la dégradation de l'environnement marin, alors que nous devrions renforcer nos propres capacités afin de réduire les importations et aller vers plus d'indépendance alimentaire.

🔵 Et les Assises de l'océan organisées au cours du second semestre de l'année ?

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Les discussions sont importantes, mais elles doivent déboucher sur des actions concrètes, avec un véritable mécanisme de mise en oeuvre et de suivi.

🔵 Que faudra-t-il concrètement changer ou mettre en place en 2026 pour relancer durablement le secteur de la pêche ?

Le passé est derrière nous, mais 2026 doit marquer un tournant pour le secteur de la pêche. C'est un secteur à fort potentiel et un métier d'avenir, car il faudra toujours nourrir la population. Nous souhaitons une refonte du système, y compris de la pêche semi-industrielle, avec une approche plus professionnelle et un bon suivi.

Il est essentiel d'investir dans la formation et la main-d'oeuvre afin de relever le secteur. Une surveillance accrue de nos eaux est également indispensable pour lutter contre l'exploitation illégale, tout comme la réalisation d'une étude approfondie sur l'état de nos eaux et de nos ressources halieutiques, afin de mieux orienter les politiques et les décisions. Nous avons besoin d'un mécanisme durable garantissant un développement équitable et respectueux des ressources, ainsi que de davantage de dialogue entre les autorités et les acteurs du secteur qui sont sur le terrain.

Si la pêche est développée de manière professionnelle, Maurice pourra non seulement réduire ses importations, mais aussi booster l'exportation. La mise en place d'un comité dédié, d'un véritable port de pêche et d'un système de vente à la criée appuyé par des données fiables serait un pas important.

🔵 Quel impact ces mesures auront-ils sur la communauté des pêcheurs ?

Un secteur mieux structuré améliorerait considérablement la situation des pêcheurs. Avec un revenu soutenable, une assurance médicale, des avantages sociaux, davantage de jeunes seraient encouragés à intégrer la profession. Il est important de mettre en place des normes claires et d'inscrire le pêcheur dans un cadre professionnel, afin qu'il puisse vivre dignement de son métier et subvenir aux besoins de sa famille.

Aujourd'hui, beaucoup de pêcheurs ont du mal à joindre les deux bouts. Assurer un emploi stable et sécurisé, tout en préservant les ressources marines et en garantissant la viabilité économique du secteur, c'est aussi cela le développement durable : un développement à la fois social, environnemental et économique, inclusif et qui ne laisse personne de côté.

🔵 Quel message souhaitezvous adresser aux autorités en ce début d'année ?

Nous appelons à une réforme approfondie du secteur de la pêche, afin de lui redonner toute sa valeur. Il est essentiel que les faiblesses du système soient reconnues afin de relancer le secteur, de professionnaliser la pêche, d'améliorer les conditions de vie des pêcheurs et de permettre aux consommateurs d'en bénéficier pleinement. Le développement de la pêche doit devenir l'une des priorités nationales.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.