Le Réseau des Usagers du Service Public (RUSP) a réagi au communiqué du Conseil des ministres du 7 janvier 2026, au cours duquel le Président de la République a décidé de placer la prochaine conférence des administrateurs et managers publics sous le thème de la qualité du service public. Une orientation saluée par l'organisation, qui y voit une reconnaissance de l'importance des attentes des citoyens en matière de services publics efficaces et accessibles.
À ce titre, le RUSP souhaite être invité à cette conférence en tant que représentant des usagers du service public, estimant que la voix des citoyens doit être pleinement prise en compte dans les réflexions et décisions visant à améliorer la gouvernance publique.
Cependant, dans le même communiqué, le réseau exprime de sérieuses réserves quant à la capacité du ministre de l'Industrie et du Commerce, le Dr Sérigne Guéye Diop, et de son secrétaire général, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, à remplir les missions qui leur sont confiées. Selon le RUSP, plusieurs choix stratégiques opérés au sein du ministère suscitent de fortes préoccupations, tant du côté du gouvernement que des consommateurs.
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Le Président de la République a, lors du Conseil des ministres, insisté sur l'amélioration du pouvoir d'achat des ménages. Or, selon le RUSP, malgré les annonces de baisses de prix, ces mesures restent menacées par une application insuffisante sur le terrain. L'organisation pointe notamment l'absence de visibilité des agents chargés du contrôle, en particulier les volontaires de la consommation, dont « plus personne n'a aucune nouvelle ». Elle déplore également le manque d'affichage des prix et le retard dans la mise en place des magasins dits de référence, annoncés sur le modèle de ceux de la SONADIS.
Sur le plan industriel, le Premier ministre a reconnu l'existence de défis majeurs, notamment la concurrence déloyale. Le RUSP rappelle qu'un accord avait récemment été trouvé entre les industriels du fer à béton et le ministère du Commerce pour lutter contre ce phénomène, sans résultats concrets à ce jour. Pour l'organisation, le démarrage jugé chaotique de la campagne de commercialisation de l'arachide illustre davantage l'incapacité des responsables du ministère à conduire efficacement les politiques publiques.
Autre point de crispation : l'application de la loi 2021-25 du 12 avril 2021 relative aux prix et à la protection du consommateur. Début décembre, le député-maire de Gossas avait interpellé le ministre à l'Assemblée nationale sur cette question. Selon le RUSP, cette interpellation est restée sans réponse, tandis que certaines instances de gouvernance prévues par la loi, comme le Conseil national de la consommation, seraient utilisées sans respect des textes et règlements en vigueur.
Face à l'ensemble de ces manquements présumés, le Réseau des Usagers du Service Public appelle le Premier ministre et le Président de la République à prendre « toutes les mesures nécessaires » afin que le ministère de l'Industrie et du Commerce réponde de manière positive et efficace aux attentes des acteurs économiques et des consommateurs, dans l'intérêt du service public et du pouvoir d'achat des citoyens.